Un projet controversé pour soutenir le pouvoir d'achat
Alors que la France traverse une crise de la consommation persistante, le gouvernement Lecornu II envisage une mesure audacieuse : permettre aux salariés gagnant jusqu'à deux SMIC de retirer exceptionnellement 2 000 euros de leur plan d'épargne entreprise (PEE) dès 2026, sans impôts. Cette initiative, présentée comme un coup de pouce pour les ménages modestes, suscite déjà des réactions contrastées.
Un dispositif ciblé mais limité
Les sommes placées sur les PEE, qui représentent environ 200 milliards d'euros aujourd'hui, sont normalement bloquées cinq ans. Le ministère de l'Économie justifie cette exception par la nécessité de relancer l'économie réelle, sans perturber les mécanismes d'épargne salariale.
Cette mesure aurait 'un effet massif au niveau individuel, sans déstabiliser l'épargne des PEE', souligne-t-on dans l'entourage du ministre des PME.
Pour bénéficier de ce déblocage, les salariés devront avoir des fonds disponibles sur leur PEE au 31 décembre 2025. Les sommes resteront soumises à la CSG et à la CRDS, mais échapperont à l'impôt sur le revenu. Le gouvernement estime que ce dispositif pourrait injecter 4 milliards d'euros dans l'économie, soutenant ainsi la croissance.
Des critiques syndicales et patronales
Du côté des syndicats, la réaction est mitigée. La CFDT, par la voix de son secrétaire national, rappelle que 'la question du pouvoir d'achat est d'abord salariale'. Le syndicat critique une mesure qui profiterait surtout aux salariés des grandes entreprises, déjà mieux dotées en dispositifs d'épargne salariale.
Le patronat, lui, se montre plus favorable. La CPME salue une initiative qui 'injecte rapidement des liquidités sans impact sur les charges patronales'. Elle plaide même pour étendre le dispositif aux salariés gagnant jusqu'à trois SMIC et augmenter le plafond déblocable.
Un contexte économique tendu
Cette annonce intervient dans un contexte marqué par une crise des finances publiques et des tensions sociales persistantes. Le gouvernement, confronté à une opposition virulente de la droite et de l'extrême droite, tente de montrer sa volonté d'agir sur le pouvoir d'achat, après des années de politiques jugées insuffisantes.
Reste à savoir si cette mesure suffira à convaincre les Français, alors que les inégalités se creusent et que les ménages modestes peinent à faire face à l'inflation. Les discussions avec les partenaires sociaux se poursuivent, et l'entrée en vigueur du dispositif, si elle est validée, se ferait par décret.