Des milliardaires américains en première ligne
Alors que le sommet de Davos s'ouvre ce lundi 19 janvier 2026, près de 400 millionnaires et milliardaires, principalement américains, réclament une taxation plus lourde. Ces « patriotic millionnaires » dénoncent dans une lettre commune l'explosion des inégalités depuis les années 1980, qu'ils jugent dangereuse pour la démocratie.
« Quand même des millionnaires comme nous reconnaissent que l’extrême richesse coûte à tous les autres, il ne peut y avoir aucun doute que la société est dangereusement au bord du précipice. »
Parmi les signataires figurent Abigail Disney, héritière de l'empire Disney, Morris Pearl, ancien dirigeant de BlackRock, ou encore le musicien Brian Eno. Une mobilisation qui contraste avec le silence assourdissant des fortunes françaises.
Le mutisme des milliardaires français
Alors que le débat sur la taxe Zucman, visant à imposer les centi-millionnaires à 2 % par an, a agité l'Assemblée nationale, les milliardaires français restent discrètement en retrait. Cécile Duflot, directrice générale d'Oxfam France, a tenté de les sonder : « Tous n’étaient pas forcément contre un surplus de taxation. C’est particulièrement vrai pour ceux qui ont fait fortune par eux-mêmes. »
Pourtant, aucun n’a osé s’exprimer publiquement. « Ils ne veulent pas d’ennuis », confie Cécile Duflot, pointant du doigt une culture de l’évitement fiscal qui gangrène l’élite économique française.
Un silence politique inquiétant
Alors que le gouvernement Lecornu II peine à rétablir l’équilibre des finances publiques, cette absence de mobilisation des plus riches interroge. Comment expliquer que les milliardaires français, contrairement à leurs homologues américains, refusent de s’engager pour une fiscalité plus juste ?
Certains y voient une peur des représailles politiques, d’autres une complicité tacite avec un système qui leur est favorable. Une chose est sûre : dans un contexte de crise des finances publiques, leur silence est un manque de patriotisme économique.
Un débat qui dépasse les frontières
Alors que l’Union européenne tente de renforcer la coopération fiscale, la France reste à la traîne. Les pays scandinaves, la Norvège ou encore le Canada ont déjà mis en place des mécanismes de taxation progressive des grandes fortunes. La France, elle, tergiverse.
Dans ce contexte, le mutisme des milliardaires français apparaît comme un symptôme d’un système à bout de souffle. Alors que la jeunesse française subit de plein fouet la spéculation immobilière et la précarité, les plus riches préfèrent se taire plutôt que de contribuer à un effort collectif.
Et si la solution venait d’en bas ?
Face à cette inertie, des mouvements citoyens et syndicaux commencent à s’organiser. Des collectifs comme « Justice Fiscale » ou « Stop Spéculation » réclament une réforme radicale de la fiscalité. Et si, finalement, la solution venait de la rue plutôt que des salons dorés de la République ?
Alors que le gouvernement Lecornu II prépare les échéances de 2027, la question fiscale risque de s’imposer comme un enjeu majeur. Les milliardaires français auront-ils le courage de sortir de leur silence ?