Un budget contesté, un déficit à maîtriser
Alors que le budget 2026 doit être examiné en commission des Finances jeudi, les tensions politiques persistent. Jérôme Guedj, député socialiste de l'Essonne, a qualifié mardi 6 janvier la poursuite de la loi spéciale de « pire des choses », soulignant l'urgence d'un accord pour éviter un blocage des finances publiques.
La justice fiscale au cœur du débat
Pour le PS, l'effort doit reposer sur les grandes entreprises et les plus hauts patrimoines, tout en préservant les TPE et PME. « Nous demandons depuis des semaines une répartition équitable de l'effort », a insisté Guedj, évoquant un compromis possible si la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises est rétablie à son niveau initial.
« La loi spéciale actuelle, c'est l'injustice reconduite. Les crédits de l'État sont gelés, et il n'y a pas de mesure de justice fiscale sur la table. »
Un gouvernement sous pression
Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, plaide pour le retour de cette surtaxe, supprimée par le Sénat. Une mesure que Guedj juge « acceptable », à condition qu'elle s'inscrive dans une trajectoire globale préservant les services publics et le pouvoir d'achat. « Nous sommes responsables : il faut tenir le déficit à 5 %, mais pas au prix d'une injustice », a-t-il martelé.
L'option du 49.3 évoquée
Alors que les socialistes refusent de voter ce budget, Guedj a rappelé que « personne n'a envie de voter ce texte ». Il a toutefois écarté l'idée d'un 49.3, préférant une négociation jusqu'au bout, comme pour le budget de la Sécurité sociale. « Ce ne sera jamais notre budget, mais le pays a besoin d'un cadre financier stable », a-t-il conclu.
Un contexte politique tendu
Cette crise budgétaire s'inscrit dans un climat de défiance envers le gouvernement Lecornu II, accusé par l'opposition de manquer de vision pour redresser les comptes publics. Les critiques portent aussi sur l'absence de réformes structurelles, alors que la France peine à réduire son déficit malgré les injonctions européennes.
Du côté de l'extrême droite, on dénonce un « budget de la gabegie », tandis que La France Insoumise appelle à une refonte totale des priorités budgétaires. La majorité présidentielle, elle, mise sur un compromis de dernière minute pour éviter un blocage institutionnel.