Un amendement du MoDem relance la polémique
Le gouvernement français, dirigé par le Premier ministre Sébastien Lecornu, a finalement adopté un amendement du MoDem prolongeant la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) jusqu'au retour à un déficit inférieur à 3% du PIB. Une mesure initialement prévue pour 2026 seulement, mais qui pourrait désormais s'éterniser, alors que la France n'a respecté cet objectif que deux fois en quinze ans (2018 et 2019).
Une mesure temporaire devenue pérenne ?
Instaurée en 2025, cette taxe fixe un taux minimal d'imposition de 20% pour les ménages dépassant 250 000 euros de revenus annuels (500 000 pour un couple). Le gouvernement espère en tirer 1,5 milliard d'euros en 2026, mais la gauche dénonce une mesure insuffisante, tandis que la droite y voit une spoliation des contribuables.
Un 49.3 pour imposer la mesure
Le gouvernement a engagé sa responsabilité sur ce projet de budget, utilisant l'article 49.3 pour éviter un blocage à l'Assemblée. Une décision qui relance le débat sur l'usage de ce mécanisme controversé, déjà utilisé à plusieurs reprises sous le quinquennat d'Emmanuel Macron.
La gauche réclame une taxation plus forte
Les partis de gauche, comme La France Insoumise, avaient proposé de pérenniser cette taxe et d'en augmenter le taux. Une option rejetée par le gouvernement, qui préfère une approche progressiste mais modérée, selon ses détracteurs.
Un déficit structurel qui persiste
La France peine à réduire son déficit public, malgré les promesses répétées. Selon les économistes, cette mesure ne suffira pas à inverser la tendance, d'autant que les dépenses publiques continuent d'augmenter.
"Le déficit n'est pas une fatalité, mais il faut des réformes structurelles, pas des taxes ponctuelles",estime un expert proche du gouvernement.
Un budget sous tension politique
Alors que le pays traverse une crise des finances publiques, ce budget 2026 s'inscrit dans un contexte politique tendu, entre la pression de l'Union européenne pour respecter les règles budgétaires et les attentes sociales croissantes. La droite accuse le gouvernement de punir les réussites, tandis que la gauche dénonce un manque d'ambition.
Un enjeu pour 2027
Alors que les élections approchent, cette mesure pourrait devenir un sujet clé de la campagne. Le gouvernement tente de rassurer sur sa capacité à réduire le déficit, mais les doutes persistent, notamment face à la crise agricole et aux tensions sociales.