Un recours au 49.3 qui fait grincer des dents
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé ce lundi 19 janvier 2026 son intention de recourir au 49.3 pour faire adopter le budget 2026, malgré ses promesses initiales de ne pas y avoir recours. Une décision qui suscite des réactions contrastées, notamment de la part de Cécile Duflot, directrice générale d'Oxfam France, qui qualifie cette mesure de "moins mauvaise solution", tout en soulignant son caractère profondément insatisfaisant.
Un budget sous le feu des critiques
Invitée sur le plateau de "Tout est politique", Cécile Duflot n'a pas mâché ses mots : "La moins mauvaise solution, c'est une mauvaise solution". Elle a salué l'honnêteté de Lecornu, qui assume revenir sur sa parole, mais a pointé du doigt l'insuffisance du budget face aux enjeux sociaux et économiques du pays.
"Avec les yeux d'Oxfam, ce budget n'est pas satisfaisant"
Le rapport annuel d'Oxfam France, publié en ce début d'année, révèle une hausse de 16 % de la fortune des milliardaires en 2025, tandis que les inégalités se creusent. Un constat qui contraste avec les mesures annoncées dans le budget 2026, jugées trop timides par les associations.
Un compromis boiteux entre les partis
Si le Parti socialiste se félicite d'avoir obtenu certaines avancées, comme la hausse de la prime d'activité ou le repas à 1 euro pour les étudiants, Cécile Duflot rappelle que ces mesures ne font pas d'un budget "un budget de gauche". Elle dénonce un texte "non négociable" au départ, qui a finalement cédé sous la pression des compromis.
Les grandes entreprises, déjà bénéficiaires de nombreuses aides publiques, supporteront l'essentiel de l'effort fiscal. Une mesure justifiée par leurs super profits post-pandémie, mais qui reste insuffisante pour répondre aux défis sociaux du pays.
Une majorité en lambeaux
La décision de recourir au 49.3 illustre l'impasse politique dans laquelle se trouve le gouvernement Lecornu. Entre un président affaibli et une majorité éclatée, le budget 2026 apparaît comme un patchwork de concessions, loin des ambitions initiales.
Alors que les élections municipales approchent et que le mandat d'Emmanuel Macron touche à sa fin, la question de la gouvernance du pays se pose avec acuité. "On est dans une situation bloquée", résume Cécile Duflot, appelant à un débat plus large sur les priorités budgétaires.
Un budget qui ne répond pas aux urgences
Face à la montée des inégalités et aux défis économiques, le budget 2026 apparaît comme une occasion manquée. Les mesures annoncées, bien que progressistes, ne suffisent pas à inverser la tendance. "On n'est pas au bout de l'exercice" pour un budget plus juste, conclut la directrice d'Oxfam.