Un budget contesté malgré les concessions
La bataille autour du budget 2026 n'est pas prête de s'éteindre. Après les saisines du Rassemblement national (RN) et de La France insoumise (LFI), c'est au tour du Parti socialiste (PS) de s'opposer fermement au texte, en saisissant le Conseil constitutionnel ce vendredi 6 février. Une décision qui marque un tournant dans la stratégie du PS, pourtant longtemps en négociation avec le gouvernement.
Une opposition de principe malgré les compromis
Les députés socialistes, conduits par leur président de groupe Boris Vallaud, dénoncent plusieurs mesures jugées juridiquement fragiles dans le projet de loi de finances. Pourtant, le PS avait obtenu des concessions majeures lors des négociations avec le gouvernement Lecornu II, évitant ainsi de voter les motions de censure déposées le 2 février.
« Cela ne veut pas dire que nous sommes satisfaits de ce budget. En commission, nous avons d'ailleurs voté contre le projet de loi de finances. Contrairement à ce que raconte la droite, il ne s'agit vraiment pas d'un budget socialiste ! Nous sommes dans l'opposition, c'est clair, et plusieurs dispositions du texte nous posent un vrai problème. »
Ces mots du député Philippe Brun, l'un des négociateurs de l'accord de non-censure, résument la tension entre pragmatisme et opposition de principe qui anime le PS. Le parti, bien que minoritaire à l'Assemblée, entend marquer son désaccord avec une majorité qu'il accuse de dérives autoritaires.
Un budget sous le feu des critiques
Le texte, adopté après l'échec des motions de censure, est désormais dans le viseur des juristes. Le PS s'inquiète notamment des mesures fiscales et des restrictions budgétaires qui, selon lui, menacent l'équilibre des finances publiques. Une critique qui rejoint celle de LFI, dénonçant un budget au service des plus riches.
Alors que la gauche non socialiste et l'extrême droite ont déjà tenté de faire tomber le gouvernement, le PS choisit une voie différente : celle du contrôle juridique. Une stratégie qui pourrait s'avérer payante, alors que le Conseil constitutionnel est souvent perçu comme un rempart contre les excès de la majorité.
Un contexte politique explosif
Cette saisine intervient dans un climat politique tendu, marqué par la crise des finances publiques et les préparatifs des élections de 2027. Le gouvernement, déjà fragilisé par les tensions internes, voit son budget contesté de toutes parts. Une situation qui pourrait affaiblir davantage la majorité présidentielle, déjà sous pression.
Du côté de l'opposition, cette initiative du PS est perçue comme un signal fort avant les prochaines échéances. Alors que le RN et LFI multiplient les attaques, le PS tente de se positionner comme une alternative crédible, tout en maintenant une ligne de fermeté institutionnelle.