Un budget adopté sous haute tension politique
Le budget 2026 vient d'être définitivement adopté, après un marathon parlementaire marqué par l'usage du 49.3 et des tensions politiques intenses. Ce texte, qui cristallise les clivages entre majorité et opposition, apporte des changements significatifs pour certains Français, tout en abandonnant des mesures controversées.
Les retraités épargnés, mais pour combien de temps ?
Contre toute attente, le gouvernement a dû renoncer à sa réforme de l'abattement fiscal des retraités. Le projet visant à remplacer l'abattement de 10% par un forfait de 2 000 euros a été rejeté, une victoire symbolique pour les associations de retraités. Pourtant, cette mesure pourrait revenir sur la table dans les prochaines années, alors que les finances publiques restent sous pression.
Les hauts revenus toujours dans le viseur
La contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR), instaurée en 2025, est prolongée jusqu'à la réduction du déficit sous les 3%. Cette taxe, qui impose un taux minimal de 20% aux ménages gagnant plus de 250 000 euros, reste une mesure phare de ce budget. Une avancée sociale, saluée par la gauche, mais critiquée par la droite comme une mesure confiscatoire.
Les étudiants : des mesures à double tranchant
Les étudiants bénéficieront dès mai de repas à un euro dans les restaurants universitaires, une mesure étendue à tous. Une bonne nouvelle, mais qui contraste avec la suppression du financement du permis de conduire via le CPF, sauf pour les demandeurs d'emploi. Une décision perçue comme un recul social par les syndicats étudiants.
Pouvoir d'achat : quelques avancées, mais des lacunes
La prime d'activité sera augmentée de 50 euros en moyenne pour 3 millions de ménages, une mesure saluée par les associations caritatives. En revanche, le gel initial des prestations sociales a été évité, mais les APL ne seront revalorisées qu'au niveau de l'inflation, une mesure jugée insuffisante par les opposants.
Un budget sous influence européenne
Alors que la France doit respecter les critères de déficit imposés par Bruxelles, ce budget 2026 illustre les tensions entre souveraineté nationale et contraintes européennes.
L'équilibre reste fragile, et les prochaines élections pourraient tout bouleverser.Dans ce contexte, la gauche appelle à une réforme fiscale plus juste, tandis que la droite dénonce un budget trop rigide.
Les ombres du texte
Plusieurs mesures phares ont été abandonnées, comme la taxe Zucman ou la réforme de l'ISF. Des choix qui reflètent les compromis politiques nécessaires, mais qui laissent certains observateurs sceptiques sur la capacité du gouvernement à mener une politique sociale ambitieuse.