Un tournant fiscal sous pression politique
Le gouvernement Lecornu II a tranché : les grandes entreprises vont payer l'addition. Après des semaines de négociations tendues avec les socialistes, le ministre de l'Économie a dévoilé dimanche 18 janvier les contours d'un compromis budgétaire qui marque un virage dans la politique économique française. Cette décision intervient après l'annonce, vendredi, d'un budget 2026 allégé pour les ménages, financé par un renforcement de la fiscalité des groupes les plus profitables.
La fin de la politique de l'offre ?
Cette mesure rompt avec la doctrine pro-entreprises qui avait prévalu depuis 2017. Pourtant, le gouvernement justifie cette volte-face par la nécessité de respecter les critères européens de déficit, tout en obtenant le soutien indispensable des socialistes pour éviter une censure parlementaire. Un calcul politique qui pourrait avoir des conséquences durables sur l'attractivité économique française.
Un budget sous haute surveillance européenne
Bruxelles observe avec attention cette évolution. La Commission européenne, qui avait déjà exprimé ses réserves sur le déficit français, pourrait voir d'un bon œil ce recentrage fiscal. Mais les critiques ne manquent pas, notamment à droite, où l'on dénonce une fuite en avant fiscale qui pourrait pénaliser la compétitivité des entreprises françaises face à leurs concurrents européens.
La menace du 49.3 plane sur le Parlement
Un conseil des ministres exceptionnel est prévu lundi pour acter les modalités d'adoption du budget.
Les annonces du Premier ministre permettent d'envisager la non-censure, a déclaré Boris Vallaud, président du groupe socialiste à l'Assemblée. Une allusion claire au recours possible à l'article 49 alinéa 3, que le gouvernement pourrait utiliser pour faire passer le texte sans vote.
Un compromis fragile
Ce budget 2026 s'inscrit dans un contexte politique particulièrement tendu. Après l'échec du processus parlementaire traditionnel en décembre 2025, le gouvernement doit naviguer entre les exigences des socialistes et les critiques de l'opposition. La question de la soutenabilité des finances publiques reste au cœur des débats, alors que la France doit faire face à des défis économiques majeurs.