Un budget sans vision pour une France en crise
Le gouvernement Lecornu II vient de boucler le marathon budgétaire 2026, mais le résultat laisse perplexe. Après des mois de tensions, de recours au 49.3 et de motions de censure avortées, la loi de finances 2026 s’annonce comme un bricolage politique, loin des attentes d’un pays en difficulté.
Un compromis sans panache
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, avait promis un texte ambitieux. Il n’a obtenu qu’un patchwork de mesures, chacune arrachée de haute lutte par les partis. Le Parti socialiste, par exemple, a imposé une augmentation de la prime d’activité et des repas à 1 euro pour les étudiants, tandis que Les Républicains ont sauvé l’abattement fiscal pour les retraités. Renaissance, quant à elle, se contente de la préservation des allègements de charges.
Mais derrière ces victoires symboliques, c’est l’échec collectif qui domine. La réduction des dépenses est quasi inexistante, et les finances publiques, déjà fragilisées, ne bénéficient d’aucun plan crédible pour l’avenir.
La gauche en position de force, la droite en retrait
Dans ce paysage politique morcelé, la gauche sort renforcée. La France insoumise et le Parti socialiste ont su capitaliser sur les frustrations, tandis que le Rassemblement national et Les Républicains peinent à imposer leur agenda. La droite, divisée, a dû céder sur des mesures phares, comme l’indexation de l’impôt sur le revenu.
Pourtant, les défis sont immenses : endettement record, crise agricole, tensions sociales. Le budget 2026, loin de préparer le pays à ces épreuves, semble faire du surplace.
Un budget sous influence européenne
Dans ce contexte, l’Union européenne observe avec inquiétude. La France, déjà sous pression pour son déficit, risque de voir ses marges de manœuvre se réduire. Les pays nordiques, comme la Norvège et l’Islande, souvent cités en exemple pour leur gestion rigoureuse, contrastent avec une France en quête de direction.
Alors que la campagne pour 2027 s’annonce tendue, ce budget 2026 pourrait bien devenir un symbole de l’impuissance politique. Entre renoncements et demi-mesures, la France semble perdre son cap.