Budget 2026 : un compromis sous haute tension, mais à quel prix ?

Par Camaret 03/02/2026 à 12:14
Budget 2026 : un compromis sous haute tension, mais à quel prix ?

Budget 2026 adopté dans la tourmente : compromis sous haute tension, déficit à 5 % du PIB, et une classe politique divisée. La France en crise politique.

Un budget adopté dans la tourmente politique

Lundi 2 février 2026, après quatre mois d’un marathon parlementaire épuisant et 350 heures de débats, le budget 2026 a enfin été adopté. Une victoire en demi-teinte pour le gouvernement Lecornu II, qui a dû faire face à six motions de censure et à une opposition farouche de la part du Rassemblement national et de la gauche hors PS.

Sébastien Lecornu, le Premier ministre, a salué un « résultat d’un compromis », intégrant des amendements de tous les groupes. Pourtant, son discours devant l’Assemblée nationale trahissait une certaine exaspération face à la « grande déconnexion » de certains élus, dénonçant un climat « politicien » ayant empoisonné les débats.

Un budget qui ne satisfait personne

Si chacun y est allé de sa petite victoire politique – le PS revendiquant de nombreuses concessions –, le projet de loi de finances, qui ramène le déficit à 5 % du PIB, ne fait pas l’unanimité. Insuffisant, selon Pierre Moscovici, président de la Cour des comptes, ce budget est perçu comme un aveu d’impuissance par une partie de la classe politique.

Pour Gabriel Attal, président du groupe Ensemble pour la République, ce budget signe « la fin du quinquennat ». Les proches d’Édouard Philippe, eux, y voient « la fin du macronisme », vidé de sa substance.

La stabilité à quel prix ?

Malgré les tensions, Sébastien Lecornu, qui a échappé à six motions de censure, devrait rester à Matignon jusqu’à la présidentielle. La pression sur Emmanuel Macron s’est allégée, mais le spectre d’une crise politique persiste, après le renversement du gouvernement Bayrou et la démission puis la reconduction de Lecornu.

La méthode adoptée par le gouvernement, promettant de renoncer au 49.3 et privilégiant le compromis, a été saluée par certains comme une tentative de « réhabiliter la démocratie représentative ». Pourtant, la réalité est plus contrastée : si Lecornu a réussi à faire voter le budget de la Sécurité sociale, il a dû recourir à trois fois au 49.3 pour faire adopter celui de l’État.

Un parlementarisme à la française en crise

Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, a annoncé son intention de réformer les règles budgétaires pour éviter une répétition de cet épisode. Une nécessité, alors que la tripartition politique rend de plus en plus improbable l’obtention d’une majorité stable pour le président élu.

Alors que les candidats à la présidentielle devront repenser leur stratégie de gouvernance, le gouvernement Lecornu se retrouve avec une marge de manœuvre réduite. Entre deux scrutins à venir et un pays submergé d’urgences, l’immobilisme semble être la seule option.

Un gâchis pour la France

Un an et demi après la dissolution ratée de l’Assemblée, qui a atomisé la scène politique, et à quatorze mois de l’élection présidentielle, la France se retrouve dans une impasse. Un gâchis, alors que le pays ne peut se permettre de perdre une année de plus.

À propos de l'auteur

Camaret

Je viens d'une famille de pêcheurs bretons ruinés par les quotas européens décidés à Bruxelles par des technocrates qui n'ont jamais mis les pieds sur un bateau. J'ai vu mon père pleurer le jour où il a dû vendre sa licence. Cette injustice m'habite encore. Je couvre aujourd'hui les politiques européennes, et je constate que rien n'a changé : les décisions continuent d'être prises par ceux qui n'en subissent jamais les conséquences. Je me bats pour que la voix des territoires soit enfin entendue

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Commentaires (4)

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Robert T.

il y a 2 semaines

Ce qui est inquiétant, c'est que même l'Allemagne, pourtant plus rigoureuse, a du mal à tenir ses comptes. La France n'est pas un cas isolé, mais elle a un retard structurel en matière de réforme fiscale. Bref, on va devoir serrer les dents encore quelques années.

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Buse Variable

il y a 2 semaines

La classe politique se déchire, le peuple trinque. Comme d'hab.

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Ainhoa

il y a 2 semaines

5% de déficit ? On va finir en Grèce, c'est malin. #MacronLeMagicien

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HGW_304

il y a 2 semaines

@ainhoa nooooon mais sérieux ??? 5% c'est rien comparé à avant !!! Ils font genre des efforts là !!!

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