Un déficit commercial en trompe-l'œil ?
Le ministre du Commerce extérieur et de l'Attractivité, Nicolas Forissier, a défendu ce lundi 9 février 2026 les derniers chiffres du commerce extérieur français, tout en reconnaissant les difficultés structurelles de certains secteurs. Si le déficit des biens a reculé de 10 milliards d'euros par rapport à 2025, atteignant 69 milliards, le ministre souligne que les services (finance, tourisme) dégagent un excédent de 56 milliards.
L'agroalimentaire en crise : « Il faut être conquérants »
Le secteur agroalimentaire, en recul de 5 milliards d'euros en un an, est au cœur des préoccupations. Forissier pointe du doigt la concurrence accrue au sein de l'UE, où 63 % des exportations françaises sont destinées. « Nous devons nous battre sur deux fronts : la compétitivité et le patriotisme économique », a-t-il déclaré, appelant à une réforme des appels d'offres pour favoriser les produits français dans la restauration collective.
Vins et spiritueux : l'ombre des droits de douane américains
Les exportations de vins et spiritueux, malgré un excédent de 14 milliards d'euros, subissent les effets des droits de douane américains (15 % après une menace initiale de 35 %). Forissier minimise l'impact, évoquant un « mouvement de stockage anticipé » en début d'année.
« Nous analysons précisément l'impact réel de ces mesures et discutons avec les autorités américaines pour les réduire »
La France, cinquième exportateur mondial : un verre à moitié plein ?
Si Forissier se félicite du classement de la France comme cinquième exportateur mondial, il reconnaît des retards face à l'Allemagne et l'Italie. « Il faut arrêter de voir systématiquement le verre à moitié vide », insiste-t-il, tout en plaidant pour une diversification des marchés et une « marque France unie ».
Un appel à l'offensive économique
Le ministre a conclu en appelant à une stratégie offensive, notamment via des accords commerciaux européens pour conquérir de nouveaux débouchés. « Soyons conquérants », a-t-il martelé, évoquant la nécessité d'une « résilience collective » face aux défis internationaux.