Une impasse budgétaire qui menace la stabilité gouvernementale
Alors que le gouvernement Lecornu II peine à trouver un consensus sur le budget, la menace d'une censure par La France Insoumise (LFI) ou le Rassemblement National (RN) plane sur l'Assemblée nationale. Dans ce contexte tendu, la dissolution de l'hémicycle apparaît comme le scénario le plus probable pour Emmanuel Macron, selon des sources proches du pouvoir.
Un budget bloqué, un gouvernement fragilisé
Les négociations budgétaires achoppent depuis des semaines, les oppositions de gauche et d'extrême droite refusant d'approuver les mesures d'austérité proposées par le gouvernement. « Nous ne pouvons accepter des politiques qui creusent les inégalités et affaiblissent les services publics », a déclaré un député LFI sous couvert d'anonymat.
Du côté du RN, on dénonce une « gestion calamiteuse des finances publiques », tout en refusant toute alliance avec la majorité présidentielle. Cette stratégie d'obstruction pourrait conduire à une motion de censure, déclenchant un mécanisme constitutionnel inédit sous ce quinquennat.
La dissolution, une arme à double tranchant
Si le gouvernement venait à être renversé, Emmanuel Macron pourrait choisir de dissoudre l'Assemblée nationale, comme l'y autorise l'article 12 de la Constitution.
« Une dissolution est toujours un pari risqué, mais face à une opposition radicalisée, le Président pourrait y voir une opportunité de clarifier le jeu politique », analyse un constitutionnaliste.
Cette option permettrait de « redonner la parole au peuple », selon les termes d'un conseiller de l'Élysée. Cependant, elle comporte des risques, notamment celui d'une fragmentation accrue du paysage politique, déjà marqué par la « guerre des droites » entre LR et le RN.
Un contexte international tendu
Cette crise interne intervient alors que la France fait face à des défis majeurs, notamment la crise agricole et les tensions avec les États-Unis sur les questions de souveraineté industrielle. « Dans un tel contexte, une dissolution pourrait affaiblir la position de la France sur la scène internationale », estime un diplomate européen.
Par ailleurs, l'Union européenne observe avec inquiétude les divisions françaises, alors que le pays doit assumer un rôle clé dans les négociations sur le budget communautaire.
Les partis se préparent à l'affrontement
Les formations politiques ajustent déjà leurs stratégies en vue d'éventuelles élections législatives anticipées. La gauche, unie autour d'un programme commun, mise sur une dynamique similaire à celle de 2022, tandis que le RN tente de capitaliser sur son ancrage territorial. « Nous sommes prêts à assumer nos responsabilités », a affirmé un cadre du PS.
Du côté de la majorité, on évoque une possible alliance avec les centristes pour éviter une cohabitation avec l'extrême droite, scénario redouté par les marchés financiers.