Un investissement historique sous haute tension politique
En présence du président Emmanuel Macron, ArcelorMittal a officialisé mardi 10 février 2026 la construction de son plus gros four électrique en Europe sur le site de Dunkerque. Ce projet, d'un montant de 1,3 milliard d'euros, marque une étape cruciale dans la transition écologique de l'industrie sidérurgique française, mais aussi un enjeu politique majeur face aux pressions de l'extrême droite et à la concurrence déloyale chinoise.
Un projet stratégique pour l'avenir de l'acier français
Ce four électrique, d'une capacité de deux millions de tonnes par an, remplacera l'un des deux hauts-fourneaux actuels. Il permettra de produire de l'acier sans charbon, réduisant ainsi les émissions de CO2, un enjeu central dans la lutte contre le réchauffement climatique. L'investissement sera financé à hauteur de 50% via les certificats d'économie d'énergie (CEE), un dispositif public.
Un engagement européen face aux défis industriels
Reiner Blaschek, PDG d'ArcelorMittal Europe, a souligné l'importance de cet investissement pour l'avenir de l'industrie sidérurgique en France et en Europe.
"Cet investissement stratégique confirme notre engagement en France et en Europe",a-t-il déclaré devant les salariés. Le groupe mise sur les restrictions européennes aux importations d'acier, attendues avant le 1er juillet, pour protéger le marché face à la concurrence chinoise.
Des critiques syndicales et un contexte politique tendu
La CFDT ArcelorMittal a dénoncé un projet en retard et sous-dimensionné, évoquant une "mascarade". La CGT, quant à elle, craint que cet investissement ne suffise pas à maintenir la compétitivité du site et les 3 200 emplois locaux. Ces critiques rejoignent celles de la gauche, qui accuse le gouvernement de ne pas assez soutenir l'industrie française face aux défis écologiques et économiques.
Un enjeu de souveraineté industrielle
Pour l'Élysée, ce projet est le fruit des efforts français pour soutenir la sidérurgie européenne, un secteur stratégique. Mais derrière cette annonce se cache une bataille politique : comment concilier transition écologique, compétitivité et emplois face à la pression de l'extrême droite, qui instrumentalise souvent ces dossiers pour critiquer l'Union européenne et les aides publiques ?
Un défi face à la Chine et aux populismes
ArcelorMittal espère que les mécanismes d'ajustement carbone aux frontières seront mis en place rapidement. C'est un enjeu crucial pour éviter que l'industrie française ne soit asphyxiée par les importations chinoises, souvent produites dans des conditions moins strictes. Dans ce contexte, la visite d'Emmanuel Macron à Dunkerque prend une dimension politique forte, alors que le gouvernement tente de rassurer les salariés et les territoires industriels.