Un choix énergétique contesté
Alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu s'apprête à dévoiler la feuille de route énergétique de la France, Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a défendu une stratégie perçue comme déséquilibrée par une partie de l'opposition.
Le nucléaire avant tout
Face à Gilles Bornstein, la porte-parole a martelé la ligne officielle : le nucléaire reste la priorité absolue, avec le développement simultané des énergies renouvelables, mais sans relance significative de ces dernières. Une position qui suscite des critiques, notamment de la part des écologistes et d'une partie de la gauche.
« Notre cap est extrêmement clair et constant depuis plusieurs années », a-t-elle affirmé, soulignant que 60 % de l'énergie fossile consommée en France est importée, pour un coût annuel de 60 milliards d'euros. Un argument économique et souveraineté qui justifierait, selon elle, le choix du nucléaire.
Les renouvelables reléguées au second plan
Si le gouvernement assure vouloir développer le solaire et l'éolien terrestre, les engagements concrets restent flous. Les anciennes éoliennes seront modernisées, mais peu de nouvelles installations sont prévues, ce qui interroge sur la réelle volonté d'accélérer la transition énergétique.
« Nous ne sommes pas dogmatiques », a pourtant affirmé Maud Bregeon, évoquant l'objectif de 60 % d'énergie décarbonée d'ici 2030. Une promesse qui semble difficile à tenir sans un investissement massif dans les renouvelables, alors que le nucléaire peine à convaincre les opposants.
Un débat qui dépasse le cadre énergétique
Cette stratégie s'inscrit dans un contexte plus large de tensions politiques, alors que la gauche dénonce un manque d'ambition écologique et que l'extrême droite critique le coût du nucléaire. Le gouvernement, lui, mise sur la neutralité et l'impartialité de la Cour des Comptes, malgré la nomination controversée d'Amélie de Montchalin à sa tête.
La réforme de l'audiovisuel public en suspens
Autre sujet brûlant, la réforme de l'audiovisuel public, dont le sort reste incertain. Les consultations se poursuivent, mais aucune décision n'a encore été prise, alors que les critiques sur la ligne éditoriale du service public s'intensifient.
Un gouvernement sous pression
Alors que la France fait face à de multiples crises – financière, sécuritaire et démocratique –, le gouvernement Macron-Lecornu tente de maintenir le cap. Mais dans un paysage politique fragmenté, la cohérence de sa stratégie énergétique est de plus en plus remise en question.