Un gouvernement sous pression
Sébastien Lecornu, qualifié de « premier ministre le plus faible de la Ve République », tente de se projeter malgré un contexte politique explosif. Cinq mois après cette déclaration révélatrice, il a réussi à faire adopter le budget, mais son action reste entravée par une absence de majorité stable et des tensions internes croissantes.
Une feuille de route ambitieuse, mais fragile
Lors d’un entretien accordé à plusieurs quotidiens régionaux, le chef du gouvernement a dévoilé ses priorités pour 2026 : décentralisation, loi de programmation militaire, et transition énergétique. Ces dossiers, bien que consensuels, risquent d’être minés par les calculs électoraux en vue de 2027.
« Face à l’instabilité et aux tensions du monde, la France ne peut pas se permettre de rester figée », souligne Lecornu. Pourtant, l’Assemblée et le Sénat sont devenus des arènes politiques où les postures l’emportent souvent sur le fond. Gabriel Attal, Marine Le Pen, Laurent Wauquiez, Jean-Luc Mélenchon et d’autres y préparent activement leurs ambitions présidentielles.
Un remaniement sous haute tension
Un remaniement est prévu d’ici le 22 février, mais Lecornu n’envisage pas d’écarter Gérald Darmanin, malgré les rumeurs persistantes sur ses ambitions présidentielles. Le ministre de la Justice, souvent critiqué pour ses méthodes, reste un poids lourd du bloc central.
Parallèlement, l’Assemblée nationale et le Sénat sont transformés en vitrines politiques. Les groupes parlementaires, dirigés par des figures comme Marine Le Pen (Rassemblement national) ou Laurent Wauquiez (Les Républicains), servent avant tout à mettre en scène leurs stratégies pour 2027.
Un président en retrait forcé
Emmanuel Macron, affaibli depuis la dissolution ratée de juin 2024, doit se cantonner aux affaires internationales pour éviter de brouiller les messages de son gouvernement. Sa récente polémique sur les jeux vidéo violents a rappelé son isolement politique.
« Le chef de l’État souhaite être au travail jusqu’au dernier quart d’heure », mais son influence s’est considérablement réduite. Son rôle se limite désormais aux relations diplomatiques, tandis que Lecornu tente de préserver une certaine cohésion gouvernementale.
Défis majeurs pour la fin du mandat
Parmi les sujets sensibles figurent la fin de vie, la loi d’urgence agricole et les tensions autour de l’écologie. Le gouvernement devra résister aux pressions populistes, tout en évitant de s’enfermer dans des débats stériles.
Face à cette situation, Lecornu mise sur des textes consensuels et des décrets pour contourner les blocages parlementaires. Mais sans le soutien des forces politiques, son action risque d’être paralysée.
Une démocratie locale en crise
La décentralisation, présentée comme une priorité, pourrait être un moyen de redonner du pouvoir aux territoires. Cependant, dans un contexte de crise de la démocratie locale, cette réforme pourrait aussi servir de diversion politique.
Alors que les finances publiques restent fragiles et que les tensions internationales s’intensifient, le gouvernement Lecornu doit naviguer entre nécessité politique et urgences sociales. La question est de savoir si cette stratégie suffira à éviter un échec historique.