Une mesure symbolique mais inefficace
L'Assemblée nationale a adopté en première lecture, dans la nuit du 26 au 27 janvier, une proposition de loi visant à interdire l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Une mesure saluée par une majorité de députés, mais vivement critiquée par La France insoumise (LFI), qui y voit une réponse trop simpliste à un problème complexe.
LFI : une loi qui absout les plateformes de leurs responsabilités
Manuel Bompard, coordinateur de LFI et député des Bouches-du-Rhône, a qualifié cette interdiction de « très mauvaise réponse à un vrai problème » lors de son passage dans l'émission Les 4 Vérités. Selon lui, cette mesure est inefficace et contre-productive, comme en témoigne l'exemple australien, où l'interdiction est déjà contournée par les jeunes grâce aux VPN ou à l'aide d'adultes.
« Cette loi repose la responsabilité sur les jeunes et leurs parents au lieu de contraindre les plateformes à agir », a-t-il déclaré. Pour LFI, les réseaux sociaux doivent être tenus responsables des problèmes de harcèlement, de désinformation et de protection des données, quels que soient les âges concernés.
Un débat qui dépasse la question des mineurs
L'opposition de LFI à cette loi s'inscrit dans une critique plus large de la gestion gouvernementale des enjeux numériques. Le parti insoumis rappelle que les réseaux sociaux posent des problèmes bien au-delà des moins de 15 ans, notamment en matière de modération des contenus et de protection des données personnelles.
« Le harcèlement en ligne ne s'arrête pas à 15 ans, et les plateformes doivent être contraintes de mettre en place des mesures efficaces de modération », a insisté Manuel Bompard. Il souligne également que cette loi ne résout pas les problèmes structurels liés à l'influence des géants du numérique, comme les GAFAM, dont les pratiques commerciales et fiscales sont régulièrement dénoncées.
Un budget « catastrophique » en toile de fond
L'interview de Manuel Bompard a également été l'occasion d'évoquer le budget présenté par le gouvernement Lecornu, qualifié de « catastrophique » par le député insoumis. Parmi les mesures critiquées : la suppression de 4 000 postes d'enseignants, des économies drastiques dans les hôpitaux publics, et la suppression d'aides sociales pour les étudiants étrangers.
« Ce budget est un reniement des engagements de gauche, et les députés socialistes qui l'ont soutenu ne respectent pas le programme pour lequel ils ont été élus », a-t-il affirmé. Il appelle les parlementaires à voter une motion de censure lors du prochain examen du texte, prévu lundi.
La stratégie de LFI pour 2027
Interrogé sur la candidature de Jean-Luc Mélenchon pour 2027, Manuel Bompard a rappelé que rien n'était encore décidé, tout en soulignant que le leader insoumis restait le candidat le mieux placé pour porter un programme de rupture avec le macronisme. Il a également critiqué l'absence de renouvellement dans les partis traditionnels, contrastant avec la progression constante de LFI depuis 2012.
« La France a besoin d'un changement radical, et LFI est le seul parti capable de proposer une alternative crédible à la fois au macronisme et à l'extrême droite », a-t-il conclu.