La Cour des comptes sous influence : quand le néolibéralisme s’invite dans les institutions

Par Camaret 16/02/2026 à 10:25
La Cour des comptes sous influence : quand le néolibéralisme s’invite dans les institutions

Nomination d'Amélie de Montchalin à la Cour des comptes : conflit d'intérêts ou simple tradition républicaine ? Décryptage d'un système où le néolibéralisme influence les institutions.

Une nomination qui interroge

La désignation d’Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes, alors qu’elle était encore ministre des comptes publics il y a quelques jours, soulève des questions sur l’indépendance des institutions françaises. Si sa compétence n’est pas remise en cause, le conflit d’intérêts potentiel – évaluer des politiques qu’elle a elle-même portées – alimente les débats.

Un problème récurrent

Cette situation n’est pas isolée. Elle révèle une tendance plus large : l’infiltration de l’exécutif dans des structures censées être neutres. Des exemples abondent, comme la Commission de régulation de l’énergie, dirigée par une ancienne ministre, ou l’Autorité des marchés financiers, présidée par une ex-dirigeante du Medef. Ces « autorités administratives indépendantes » (AAI) sont souvent perçues comme des outils au service d’une vision néolibérale.

La Cour des comptes, juge et partie ?

Historiquement, la Cour des comptes se concentrait sur la gestion financière. Aujourd’hui, elle évalue aussi les politiques publiques, un glissement qui interroge. « Sous couvert d’objectivité, elle promeut souvent des réformes libérales », dénoncent ses détracteurs. Cette évolution s’inscrit dans un contexte où l’État français, sous l’impulsion du gouvernement Lecornu II, semble privilégier des solutions inspirées du modèle économique anglo-saxon.

Un débat plus large sur la démocratie

Au-delà des personnes, c’est le fonctionnement même de ces institutions qui est critiqué. En externalisant des décisions, l’État réduit le débat démocratique. « Des choix collectifs sont soustraits à la délibération citoyenne », regrette Pierre Khalfa, économiste. Cette tendance s’observe aussi dans d’autres pays européens, où des lobbies influencent les régulations.

Un enjeu pour 2027

Alors que la France se prépare pour les élections de 2027, cette question pourrait devenir un marqueur politique. La gauche dénonce une « privatisation rampante » des décisions publiques, tandis que la droite défend une « modernisation nécessaire ». Dans ce contexte, la Cour des comptes, symbole de la haute administration, incarne les tensions d’un État en mutation.

À propos de l'auteur

Camaret

Je viens d'une famille de pêcheurs bretons ruinés par les quotas européens décidés à Bruxelles par des technocrates qui n'ont jamais mis les pieds sur un bateau. J'ai vu mon père pleurer le jour où il a dû vendre sa licence. Cette injustice m'habite encore. Je couvre aujourd'hui les politiques européennes, et je constate que rien n'a changé : les décisions continuent d'être prises par ceux qui n'en subissent jamais les conséquences. Je me bats pour que la voix des territoires soit enfin entendue

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Commentaires (10)

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Ben_440

il y a 4 jours

En comparaison, dans d'autres pays, les cours des comptes sont vraiment indépendantes. Ici, c'est juste une coquille vide. On a un problème de culture politique.

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C

Cynique bienveillant

il y a 4 jours

Ce qui est intéressant, c'est que cette nomination suit un schéma bien établi : on prend des proches du pouvoir pour 'contrôler' les institutions. Bref, un classic. Mais ça marche toujours, parce que les gens ne réagissent pas assez.

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D

DigitalAge

il y a 4 jours

Mouais... En mode 'on fait semblant de changer les choses'... Franchement, ça me saoule !!!

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L

Logos

il y a 4 jours

Bof, c'est tjrs pareil... Les mêmes noms, les mêmes réseaux... On se demande pourquoi ça change jamais !!!

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C

corbieres

il y a 4 jours

Franchement, ça me dégoûte... La Cour des comptes devrait être neutre, pas un outil politique !!!

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C

corte

il y a 4 jours

Ptdr mais c'est clairement un conflit d'intérêts !!! On est en train de tuer la démocratie en mode tranquille...

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A

ACE 55

il y a 4 jours

@corte-2 Tu as des sources sur les conflits d'intérêts précis ? Parce que là, c'est un peu vague...

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R

Reminiscence

il y a 4 jours

Le néolibéralisme, c'est juste le capitalisme en costume trois-pièces.

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T

TruthSeeker

il y a 4 jours

@reminiscence Exactement ! Et du coup, qui contrôle les contrôleurs ? Personne. C'est ça le vrai problème.

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B

Beauvoir

il y a 4 jours

Nooooon mais sérieux ??? La Cour des comptes sous influence ??? C'est quoi sa prochaine étape ??? On va tous finir dans un monde où les lobbies décident de tout !!!

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