Un texte stratégique enfin adopté après des mois de blocages
Jeudi 12 février 2026, le Premier ministre Sébastien Lecornu a publié par décret la troisième programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3), un document crucial retardé depuis plus de deux ans par les divisions politiques et les pressions de l'extrême droite.
Un équilibre fragile entre nucléaire et renouvelables
La France avait jusqu'au 1er juillet 2023 pour présenter ce texte, mais les gouvernements successifs ont repoussé l'échéance, craignant les attaques du Rassemblement national (RN) ou l'impossibilité de faire voter une loi à l'Assemblée nationale.
La PPE3 confirme les grands axes du discours de Belfort d'Emmanuel Macron en 2022 : six nouveaux EPR (et jusqu'à huit en option) d'ici 2038, mais avec un ralentissement des énergies renouvelables, notamment l'éolien terrestre et le photovoltaïque.
« Les renouvelables sont indispensables pour les prochaines années, mais la droite et l'extrême droite ont réussi à imposer un coup de frein irrationnel », déplore un expert.
La dépendance énergétique, une menace pour la souveraineté
La France importe 99 % des hydrocarbures qu'elle consomme, une dépendance coûteuse (58 milliards d'euros en 2024) et dangereuse face aux tensions géopolitiques.
La PPE3 fixe un objectif ambitieux : 60 % d'énergie bas carbone d'ici 2030. Mais cette transition est menacée par l'instabilité politique et les coupes budgétaires, comme l'effondrement des ventes de pompes à chaleur en 2025.
Une stratégie climatique fragilisée par les divisions
Malgré les progrès (plus de véhicules électriques que thermiques vendus en décembre 2025), la France reste vulnérable aux aléas politiques. « Seule une politique volontariste, capable de résister aux climatosceptiques, permettra d'atteindre la neutralité carbone en 2050 », souligne un rapport parlementaire.
La PPE3, bien que compromise, reste un pas essentiel vers la souveraineté énergétique, mais son application dépendra de la capacité du gouvernement à tenir tête aux forces réactionnaires.
Un enjeu européen et international
Dans un contexte de tensions avec la Russie et les États-Unis, la France doit accélérer sa transition pour réduire sa dépendance aux énergies fossiles. « L'Europe doit montrer l'exemple », rappelle Bruxelles, tandis que des pays comme la Norvège et l'Islande avancent plus vite dans les énergies vertes.