Hayot, l'empire de la vie chère en outre-mer : un scandale qui éclabousse le gouvernement Lecornu

Par SilverLining 10/02/2026 à 20:22
Hayot, l'empire de la vie chère en outre-mer : un scandale qui éclabousse le gouvernement Lecornu

Le Groupe Bernard Hayot, géant de la distribution en Martinique, est accusé d’alimenter la vie chère en outre-mer. Un scandale qui éclabousse le gouvernement Lecornu.

Un géant de la distribution sous le feu des critiques

Avec ses 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires et ses 18 000 salariés à travers le monde, le Groupe Bernard Hayot (GBH) incarne aujourd’hui l’un des symboles les plus visibles de la vie chère en outre-mer. Premier employeur privé des territoires ultramarins, ce géant martiniquais de la grande distribution est désormais au cœur d’une tempête politique inédite.

Un rapport accablant de l’Autorité de la concurrence

L’avis rendu public mardi 10 février 2026 par l’Autorité de la concurrence ne laisse aucun doute : les marges pratiquées par les grossistes-importateurs et les acteurs de la grande distribution en Martinique sont frappées d’opacité. Un constat qui alimente la colère des consommateurs ultramarins, confrontés à des prix bien plus élevés qu’en métropole.

À La Réunion, le panier moyen des consommateurs est 37 % plus cher qu’en France hexagonale. En Martinique, ce différentiel atteint 40 %, et en Guadeloupe, il grimpe à 42 %. Des chiffres qui illustrent une réalité économique inacceptable pour les habitants de ces territoires.

Un manque de transparence qui mine la confiance

Dans leur rapport commandé par le président Emmanuel Macron en 2024, les experts Pierre Egéa et Frédéric Monlouis-Félicité avaient déjà alerté sur les dangers de cette situation. «

La perception répandue d’un manque de vigueur dans la lutte contre les oligopoles et l’augmentation continue des prix minent la confiance des citoyens envers l’État
», écrivaient-ils. Un constat qui, deux ans plus tard, reste d’actualité.

Le gouvernement Lecornu II, pourtant engagé dans une politique de réforme économique des outre-mer, peine à convaincre. Les critiques de la gauche, notamment celles de Jean-Luc Mélenchon, se font de plus en plus virulentes. « Comment peut-on accepter que des entreprises comme Hayot profitent de leur position dominante pour imposer des prix exorbitants ? », dénonce-t-il régulièrement.

Un enjeu politique majeur pour 2027

Alors que la stratégie des partis pour 2027 se précise, la question de la vie chère en outre-mer pourrait bien devenir un enjeu central. La droite, traditionnellement favorable aux grandes entreprises, se retrouve sous le feu des critiques. Marine Le Pen, pourtant habituée à défendre les territoires ultramarins, est contrainte de se positionner sur un dossier qui pourrait lui coûter cher.

Du côté de l’Union européenne, les observateurs s’interrogent sur la capacité du gouvernement français à agir. La Commission européenne, pourtant favorable à une régulation plus stricte des marchés, semble impuissante face à la puissance des lobbies locaux.

Dans ce contexte, le Groupe Hayot pourrait bien devenir le symbole d’un système économique injuste, où les plus vulnérables paient le prix fort. Reste à savoir si le gouvernement Lecornu saura prendre les mesures nécessaires pour inverser la tendance.

À propos de l'auteur

SilverLining

On me demande souvent comment je garde espoir face au désastre politique actuel. Ma réponse est simple : je vois ce qui se passe sur le terrain. Des citoyens qui s'organisent, des collectifs qui naissent, des alternatives qui émergent. La politique ne se résume pas aux jeux de pouvoir parisiens. Partout en France, des gens refusent la résignation et inventent autre chose. C'est cette France-là que je documente, celle qui ne fait jamais les gros titres mais qui prépare le monde d'après.

Votre réaction

Connectez-vous pour réagir à cet article

Publicité

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.

Votre avis

Commentaires (2)

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter cet article.

T

tregastel

il y a 1 semaine

Bon, encore un scandale qui va finir en eau de boudin. Les prix en outre-mer ? C'est le serpent qui se mord la queue. Et Lecornu, il va faire quoi ? Une commission d'enquête... pour rien.

1
Q

QuantumLeap61

il y a 1 semaine

@tregastel Franchement, t'es trop optimiste. La commission va durer 2 ans, coûter 500k€, et à la fin, on nous dira que c'est compliqué. Genre, non, c'est juste que personne a envie de toucher aux lobbys.

0
Publicité