Un assistant parlementaire suspendu après des accusations graves
La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a annoncé lundi 16 février la suspension des droits d'accès à l'Assemblée de Jacques-Elie Favrot, assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault. Cette décision fait suite à des témoignages le liant à l'agression mortelle de Quentin D., un jeune militant nationaliste.
Une enquête judiciaire en cours
Le procureur de la République de Lyon, Thierry Dran, doit tenir une conférence de presse à 16 heures pour faire le point sur l'enquête. Les services de police ont recueilli plusieurs témoignages « significatifs », et l'enquête s'oriente désormais sur l'identification des auteurs des violences.
Initialement ouverte pour « violences aggravées », l'enquête a été élargie aux qualifications de « coups mortels aggravés par trois circonstances : la réunion, l'usage d'armes, la dissimulation du visage ». L'autorité judiciaire reste prudente, soucieuse de préserver les investigations.
Un contexte politique explosif
La mort de Quentin D. a déclenché une vague de critiques contre LFI, accusée par la droite et l'extrême droite d'être impliquée dans ce drame. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a affirmé dimanche que « c'est manifestement l'ultragauche qui a tué », reprenant les propos de l'eurodéputée d'extrême droite Marion Maréchal.
De son côté, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé une instrumentalisation politique, affirmant que « tous les récits qui ont été faits dans les heures qui ont suivi n'ont aucun rapport avec la réalité ». Il a rappelé son opposition à la violence, une position partagée par Raphaël Arnault, qui a exprimé son « horreur et dégoût » après l'annonce du décès.
La Jeune Garde sous pression
Le groupe antifasciste La Jeune Garde, fondé par Raphaël Arnault, a été mentionné dans les rangs de l'extrême droite comme potentiellement impliqué. Le groupe a cependant nié toute responsabilité, affirmant avoir suspendu toutes ses activités.
Jacques-Elie Favrot, l'assistant parlementaire mis en cause, a quant à lui « démenti formellement » être responsable du drame et s'est retiré de ses fonctions durant l'enquête, selon son avocat.
Une polarisation politique accrue
Cet événement s'inscrit dans un contexte de tensions politiques croissantes, alors que la France se prépare pour les élections de 2027. La droite et l'extrême droite cherchent à capitaliser sur ce drame pour discréditer la gauche, tandis que LFI tente de se défendre en dénonçant une campagne de désinformation.
Le gouvernement Lecornu II, quant à lui, reste prudent, évitant de prendre parti dans un débat qui pourrait encore s'envenimer. Emmanuel Macron, en déplacement à l'étranger, n'a pas encore réagi officiellement.