Un symbole national pris en défaut
Les lunettes de soleil portées par Emmanuel Macron lors du Forum de Davos ont déclenché une polémique inattendue. Alors que la marque Henry Jullien, rachetée en 2023 par un groupe italien, avait mis en avant un savoir-faire français, des professionnels du secteur dénoncent une tromperie.
Une production délocalisée malgré les promesses
Selon Julien Forestier, président du syndicat des lunetiers du Jura, les montures ne sont pas fabriquées ici
. Il accuse la marque d'exploiter l'image d'un patrimoine industriel local pour vendre un produit en réalité assemblé en Italie ou en Asie. Une pratique qui interroge sur la sincérité des engagements en faveur de la relocalisation, un thème cher au gouvernement Lecornu II.
Le maire de Lons-le-Saunier exige des clarifications
Jean-Yves Ravier, maire de Lons-le-Saunier, où se trouve l'usine historique, a réclamé une relocalisation effective : Quand on parle de 'made in France', c'est bien de racheter une marque, mais c'est bien aussi que ce soit fabriqué en France.
Le patron italien de la marque, confronté à ces accusations, maintient dans un communiqué que le modèle présidentiel est bien produit dans le Jura.
Un débat qui dépasse le simple accessoire
Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de crise de confiance envers les marques qui surfent sur le patriotisme économique. Alors que la France tente de relancer son industrie, des voix s'élèvent pour dénoncer les dérives marketing qui brouillent les frontières entre authenticité et opportunisme.
La gauche critique une « hypocrisie d'État »
Des élus de gauche, comme Jean-Luc Mélenchon, ont pointé du doigt une hypocrisie d'État
, rappelant que le gouvernement avait pourtant promis de soutenir les filières locales. Si même les symboles du président ne sont pas français, comment croire aux réformes ?
, a-t-il tweeté. Une question qui pourrait alimenter les critiques sur la cohérence des politiques industrielles.