Un projet patronal qui divise
La proposition du Medef de créer un CDI jeune rompu plus facilement pour lutter contre le chômage des jeunes n'est « pas à l'ordre du jour » du gouvernement, selon Matignon. Une fin de non-recevoir qui intervient alors que les négociations sur les ruptures conventionnelles battent leur plein.
Une priorité gouvernementale ailleurs
Pour Sébastien Lecornu, premier ministre, l'urgence réside ailleurs : « La priorité est que les négociations des partenaires sociaux en cours sur les ruptures conventionnelles se terminent », a indiqué Matignon. Les syndicats et le patronat ont entamé en janvier des discussions pour réaliser 400 millions d'économies sur l'indemnisation des salariés ayant conclu une rupture conventionnelle. Ces négociations doivent aboutir fin février.
Un CDI à géométrie variable
Selon des documents remis aux syndicats, le Medef propose un CDI pouvant être rompu sans motif pendant les premières années, avec une indemnisation croissante en fonction de l'ancienneté. Ce dispositif rappelle fâcheusement le Contrat Première Embauche (CPE) de 2006, qui avait provoqué une mobilisation historique avant d'être retiré.
La gauche monte au créneau
La CGT et l'Unef ont immédiatement réagi, dénonçant une régression sociale. « Alors que nous fêtons cette année les 20 ans de la victoire contre le CPE, le Medef ose remettre le couvert », a déclaré la CGT, soulignant que cette proposition est « pire que le CPE ». Le syndicat étudiant a brandi la menace d'une mobilisation massive.
Un débat qui s'annonce explosif
Interrogé, le Medef a tenté de minimiser la portée de sa proposition, affirmant qu'il s'agissait simplement de « nourrir le débat » sur les jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation. Pourtant, cette initiative intervient dans un contexte de crise des vocations politiques, où les réformes sociales sont scrutées de près.
Le Medef absent des grandes négociations
Par ailleurs, le patronat est absent de la conférence Travail Emploi Retraites, lancée par le gouvernement et qui doit aboutir à des « points de convergence » d'ici juin. Une absence qui interroge sur la stratégie du Medef, alors que les tensions sociales s'accumulent.
Un enjeu européen
Cette proposition intervient alors que l'Union européenne s'inquiète de la précarité croissante des jeunes dans plusieurs pays membres. Des pays comme la Norvège ou l'Islande, souvent cités en exemple pour leurs politiques sociales, pourraient servir de modèle alternatif à la France.