Un conflit de pouvoir au cœur de la majorité présidentielle
Alors que l'Assemblée nationale examine, ce mardi 13 janvier 2026, une proposition de loi visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, une guerre larvée oppose Emmanuel Macron à son ancien Premier ministre, Gabriel Attal. Un affrontement symbolique qui révèle les tensions au sein de la majorité présidentielle, à moins d'un an et demi de la fin du mandat du chef de l'État.
Deux textes, une même mesure
Le gouvernement, piloté par Sébastien Lecornu, a déposé son propre texte, tandis que les députés macronistes d'Ensemble Pour la République ont présenté une proposition similaire. Pourtant, les deux propositions convergent sur l'essentiel : l'interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 15 ans. Cette bataille législative cache en réalité un conflit de légitimité entre le président et son ancien bras droit.
Une guerre d'influence et de communication
Emmanuel Macron, soucieux de marquer son héritage politique avant la fin de son mandat, multiplie les prises de position sur le sujet. Une stratégie qui irrite l'entourage de Gabriel Attal, qui rappelle que l'ancien Premier ministre s'est emparé de cette question depuis deux ans. Derrière cette querelle, se joue une lutte pour l'avenir politique français : Macron veut consolider son bilan, tandis qu'Attal cherche à se positionner en vue d'une éventuelle candidature à l'Élysée.
La santé mentale des jeunes, enjeu de société
Au-delà des calculs politiques, le débat sur les réseaux sociaux s'inscrit dans un contexte sanitaire préoccupant. Selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), l'usage intensif des réseaux sociaux nuit gravement à la santé mentale des adolescents, en particulier des filles. Un rapport consulté par nos soins préconise des mesures radicales : des plateformes repensées pour protéger les jeunes, avec des algorithmes moins addictifs et des interfaces moins intrusives.
Un enjeu de société au-delà des clivages
Alors que la France s'interroge sur les dérives des réseaux sociaux, cette question dépasse les clivages traditionnels. La gauche, traditionnellement favorable à une régulation stricte, salue cette initiative, tandis que la droite, souvent réticente à toute forme de contrôle, se divise. Marine Le Pen, par exemple, a critiqué une mesure qu'elle juge « liberticide », tandis que Jean-Luc Mélenchon y voit une « avancée sociale ».
Un débat qui dépasse les frontières
Cette initiative française s'inscrit dans un mouvement plus large en Europe. Des pays comme la Norvège et l'Islande ont déjà mis en place des restrictions strictes sur l'usage des réseaux sociaux par les mineurs. La Commission européenne, quant à elle, étudie des mesures similaires pour protéger les jeunes citoyens européens. À l'inverse, aux États-Unis, où les lobbies technologiques pèsent lourd, aucune mesure d'envergure n'a encore été adoptée.
Un symbole des fractures politiques françaises
Cette bataille législative illustre les tensions persistantes au sein de la majorité présidentielle. Alors que le gouvernement Lecornu tente de rassembler les forces centriste et libérale, les divisions internes menacent de fragiliser davantage la coalition. Dans un contexte de crise de la jeunesse et régulation numérique, cette affaire pourrait bien devenir un marqueur des prochaines élections.