Un accord controversé au cœur des tensions agricoles
Alors que les agriculteurs manifestent leur colère dans les rues de Paris, Bruno Retailleau, président des Républicains, dénonce avec force le projet d'accord de libre-échange avec le Mercosur. Pour lui, un vote positif de la France serait une « sorte d'acte d'agression » contre l'agriculture nationale.
La souveraineté alimentaire en jeu
Dans une interview accordée à France Inter, le sénateur LR a souligné que cet accord menace directement la puissance agricole française, un pilier de l'indépendance nationale.
« Ce qui se joue, c'est la souveraineté, l'indépendance alimentaire. Les Américains, les Russes ont compris que l'arme alimentaire est une arme. Nous devons nous en saisir. »
Un gouvernement accusé d'abandonner les agriculteurs
Bruno Retailleau reproche au gouvernement Lecornu d'avoir « affaibli l'agriculture française » par une surréglementation excessive, tout en laissant les agriculteurs face à une « concurrence sauvage » des pays étrangers. « Nous avons abdiqué notre souveraineté alimentaire », déplore-t-il.
La France perd son influence en Europe
Le président des LR regrette également que la France ait perdu son influence au sein de l'Union européenne. Selon lui, la France a trop souvent promis de respecter les critères budgétaires sans tenir ses engagements, ce qui affaiblit sa position.
« Un État qui ne tient pas ses comptes est un État qui perd sa puissance. »
La mobilisation des agriculteurs : entre colère et dialogue
Alors que des convois d'agriculteurs ont pénétré dans Paris malgré les interdictions, Bruno Retailleau prône le dialogue plutôt que la répression. « On n'est pas obligé d'employer la force pour faire respecter l'ordre », a-t-il déclaré, appelant à une concertation avec les professionnels du secteur.
Un accord européen en suspens
La Commission européenne espère obtenir l'aval des États membres dès vendredi, mais l'accord du Mercosur suscite des résistances, notamment en France. Les agriculteurs craignent une concurrence déloyale avec les produits sud-américains, tandis que les défenseurs du libre-échange y voient une opportunité économique.