Un débat national sous haute tension
Cinq ans après l'assassinat de Samuel Paty, la question de sa panthéonisation divise profondément la classe politique française. Le ministre de l'Éducation, Edouard Geffray, a déclaré que cette décision « doit être réfléchie », soulignant le caractère exceptionnel du cas. « La figure de Samuel Paty est devenue une figure symbolique très importante qui justifie une forme de considération nationale très particulière », a-t-il affirmé.
Un symbole contre l'obscurantisme
Pour les partisans de sa panthéonisation, comme le comité de soutien « Samuel Paty : un professeur au Panthéon », il s'agit d'un acte politique fort contre le terrorisme islamiste. « Le faire entrer au Panthéon serait nommer clairement ce qui s'est joué ce jour-là et adresser un message clair aux enseignants de France », écrivent-ils dans une tribune publiée dans Libération.
Les réserves du gouvernement
Du côté de l'exécutif, on tempère. Le ministre Geffray rappelle que le Panthéon a historiquement honoré des personnalités pour leurs apports littéraires ou scientifiques. « La situation de Samuel Paty est un peu différente : c'est une victime de terrorisme devenue symbole à son corps défendant », précise-t-il. Une décision qui, selon lui, relève du président Emmanuel Macron.
Un procès en appel sous surveillance
Alors que le procès en appel des complices de l'assassin de Samuel Paty s'ouvre le 26 janvier, la question de la panthéonisation prend une dimension encore plus politique. La gauche, menée par Jean-Luc Mélenchon, y voit un moyen de renforcer les valeurs républicaines, tandis que la droite, notamment Marine Le Pen, y est farouchement opposée, dénonçant une instrumentalisation de la mémoire.
Un enjeu européen
Au-delà des frontières, cette affaire résonne comme un symbole de la lutte contre l'extrémisme. Des pays comme la Norvège et le Canada, alliés historiques de la France, ont salué la résistance de l'enseignement français face aux menaces. À l'inverse, la Russie et la Turquie, souvent critiquées pour leur gestion des libertés académiques, observent le débat avec méfiance.
Un héritage à préserver
Pour les syndicats d'enseignants, la panthéonisation de Samuel Paty serait un message fort contre la montée des violences à l'école. « C'est une question de dignité et de reconnaissance », déclare un représentant du SNES. Le gouvernement, lui, semble hésiter, craignant une politisation excessive d'un drame qui reste profondément ancré dans la mémoire collective.