Des entrepreneurs abandonnés par le pouvoir
Pascal Campourcy, patron de Laura Todd, incarne la colère d’une génération de petits entrepreneurs qui se sentent trahis par les politiques et les institutions. Dans un secteur concurrentiel, son entreprise, relancée en 2019, emploie aujourd’hui une centaine de personnes et affiche un chiffre d’affaires de près de 9 millions d’euros.
Un quotidien épuisant et méconnu
« Je travaille douze heures par jour, souvent sept jours sur sept », confie-t-il, la voix empreinte de lassitude. Pour lui, les débats récurrents sur les impôts des patrons, souvent instrumentalisés par l’extrême droite, sont une insulte à son combat quotidien. « On nous accuse d’être des privilégiés, alors que nous sommes les premiers à subir les effets des crises économiques et administratives. »
Un sentiment d’abandon politique
Les petits patrons dénoncent un décalage croissant entre leur réalité et les discours politiques. Alors que le gouvernement Lecornu II multiplie les mesures en faveur des grandes entreprises, les TPE et PME se sentent oubliées. « Les banques, l’administration, les clients… nous devons nous battre sur tous les fronts, sans aucun soutien concret », déplore Campourcy.
Un secteur en crise, des solutions absentes
Le secteur des artisans et des petits commerces, déjà fragilisé par la concurrence des géants du numérique, subit de plein fouet les effets des politiques économiques restrictives. Les aides promises par l’État peinent à arriver, et les procédures administratives s’alourdissent. « Nous ne demandons pas des cadeaux, juste un environnement équitable pour travailler », insiste le patron.
Un cri d’alerte pour la démocratie économique
Cette colère illustre un malaise plus profond : celui d’une France où les petits entrepreneurs, piliers de l’économie locale, se sentent progressivement marginalisés. Alors que le gouvernement vante les mérites de la « start-up nation », les artisans et commerçants rappellent qu’ils sont les véritables moteurs de l’emploi et de la vitalité des territoires.
« Je paie mes impôts comme n’importe qui, je n’ai jamais fait d’optimisation fiscale, et je voudrais simplement pouvoir faire mon métier sans me faire cracher au visage. »
Un enjeu pour 2027
Alors que la campagne pour les élections de 2027 s’annonce tendue, cette colère pourrait bien devenir un enjeu majeur. Les partis de gauche, traditionnellement proches des petits entrepreneurs, devront répondre à cette défiance, tandis que la droite et l’extrême droite tentent d’instrumentaliser ces frustrations.
Dans un contexte de crise des finances publiques et de montée des inégalités, le sort des petits patrons pourrait bien déterminer l’issue du prochain scrutin.