Une avancée scientifique saluée, mais contestée par l'opposition
Le 18 janvier 2026, à 17 h 03, un scientifique de l'Observatoire volcanologique du piton de la Fournaise (OVPF-IPGP) a reçu une alerte vocale prédisant une éruption imminente. Grâce à la détection d'un signal « jerk » de forte intensité par la station sismique Rivière de l'Est (RER), les autorités ont pu anticiper l'événement. Deux heures et quarante-cinq minutes plus tard, à 19 h 48, les premières images d'une fontaine de lave ont été captées par les webcams de l'Enclos Fouqué, réjouissant les habitants de La Réunion.
Cette prédiction, la 25e consécutive réussie, est le fruit d'un projet ambitieux mené par François Beauducel, de l'Institut de physique du globe de Paris (IPGP), en collaboration avec des chercheurs allemands. Leurs travaux, publiés en décembre 2025 dans Nature Communications, permettent désormais d'anticiper une éruption jusqu'à huit heures et demie avant son déclenchement.
Un succès scientifique sous le feu des critiques politiques
Si cette avancée est saluée par les scientifiques et la gauche, elle suscite des réactions mitigées à droite. Certains élus du Rassemblement National (RN) et des Républicains (LR) ont critiqué le coût de la recherche, estimant que les fonds auraient pu être mieux utilisés pour la sécurité ou l'agriculture. « Pourquoi financer des études sur les volcans alors que nos agriculteurs souffrent ? », a déclaré un député LR, sans mentionner que le budget alloué à la prévention des risques naturels est bien inférieur à celui consacré aux subventions agricoles.
De son côté, le gouvernement Lecornu II, soutenu par la majorité présidentielle, a salué cette innovation comme un exemple de la « France des solutions ».
« Cette prédiction est une preuve de l'excellence scientifique française, qui doit être protégée face aux attaques de l'extrême droite », a déclaré un porte-parole de La République en Marche (LREM).
La Réunion, un territoire stratégique pour la recherche
La Réunion, territoire d'outre-mer français, est un laboratoire naturel pour l'étude des volcans. Ses éruptions fréquentes permettent aux chercheurs de tester des modèles prédictifs. Cependant, certains élus locaux dénoncent un manque de moyens pour la protection des populations. « Nous avons les outils, mais pas toujours les ressources pour agir en temps réel », a souligné un représentant de l'Assemblée de La Réunion.
Cette avancée intervient dans un contexte de tensions accrues entre la métropole et les DOM-TOM, où des voix s'élèvent pour une meilleure autonomie scientifique et financière. Le gouvernement a promis d'augmenter les budgets dédiés à la recherche en outre-mer, mais les oppositions politiques continuent de contester ces engagements.
Un enjeu européen et international
La France, membre de l'Union européenne, collabore étroitement avec des pays comme l'Islande et l'Italie, où les volcans sont également une préoccupation majeure. « La coopération européenne est essentielle pour anticiper les risques naturels », a déclaré un expert du Centre européen de prévention des risques (CEPR).
En revanche, les relations tendues avec la Russie et la Chine, accusées de négliger les normes environnementales, compliquent les échanges scientifiques. La France appelle à une plus grande transparence dans les recherches sur les risques naturels, un sujet qui pourrait être abordé lors du prochain sommet de l'UE.
Alors que la droite française continue de critiquer les dépenses publiques, la gauche et les écologistes rappellent l'importance de la recherche pour la sécurité des populations. Cette polémique illustre les divisions persistantes sur la gestion des crises et l'avenir de la science en France.