Une mesure controversée pour protéger les mineurs
Alors que la France s'apprête à durcir les règles d'accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, la question de l'efficacité de cette mesure divise. Dès le 1er septembre 2026, les géants du secteur comme TikTok, Facebook ou Instagram devront bloquer la création de comptes pour cette tranche d'âge. Une décision qui s'inscrit dans un contexte de montée des risques liés à l'exposition précoce aux réseaux sociaux, mais qui soulève des interrogations sur sa mise en œuvre concrète.
Quelles plateformes seront concernées ?
La liste définitive des applications visées sera établie par l'Arcom, le gendarme du numérique. Parmi les cibles prioritaires figurent les réseaux sociaux les plus populaires chez les jeunes, comme TikTok, Instagram ou encore Snapchat. D'autres plateformes, telles que WhatsApp et YouTube, pourraient être soumises à un accord parental obligatoire. Une mesure qui rappelle les dispositifs déjà en place dans certains pays européens, comme l'Allemagne, où les restrictions sont plus strictes.
Comment vérifier l'âge des utilisateurs ?
Deux méthodes sont envisagées pour garantir le respect de cette interdiction : la vérification par pièce d'identité ou un système de reconnaissance faciale. Cependant, cette dernière technique est loin de faire l'unanimité.
"Ces méthodes-là ne vont pas être capables de distinguer une personne de 14 ans d'une personne de 16 ans",souligne Oliver Blazy, cryptographe et chercheur à l'école Polytechnique. Un défi technique qui pourrait affaiblir l'impact de la mesure.
Un modèle inspiré de l'Australie
La France s'inspire du modèle australien, où près de 5 millions de comptes ont été supprimés en moins de deux mois. Une approche radicale qui pourrait inspirer d'autres pays européens, notamment ceux où la protection des mineurs est une priorité politique. Cependant, certains experts estiment que cette suppression massive pourrait créer un marché noir des comptes, contournant ainsi la loi.
Une mesure politique sous haute surveillance
Alors que le gouvernement Lecornu II défend cette réforme comme une avancée majeure pour la protection des jeunes, l'opposition, notamment la gauche, salue cette initiative. "Enfin une mesure concrète pour protéger nos enfants des dérives des réseaux sociaux", a réagi un porte-parole de La France Insoumise. À l'inverse, l'extrême droite critique une ingérence excessive de l'État dans la vie privée, tandis que certains libéraux dénoncent une mesure liberticide.
Quels risques pour les plateformes ?
Les réseaux sociaux auront jusqu'au 31 décembre 2026 pour supprimer les comptes existants des mineurs. En cas de non-respect, des amendes pourraient être infligées. Une pression qui pourrait pousser certaines plateformes à renforcer leurs systèmes de vérification, mais aussi à développer des alternatives pour contourner la loi.
Un débat qui dépasse les frontières françaises
Cette mesure s'inscrit dans un contexte international où plusieurs pays, comme le Canada et certains États européens, envisagent des restrictions similaires. La France pourrait ainsi jouer un rôle de pionnière dans la régulation des réseaux sociaux, un enjeu majeur pour les prochaines années.