Retraites : le scandale des subventions d'État qui trahissent le contrat social de 1945

Par Aurélie Lefebvre 07/01/2026 à 16:15
Retraites : le scandale des subventions d'État qui trahissent le contrat social de 1945

Retraites : le scandale des subventions d'État qui trahissent le contrat social de 1945. Comment la France a détourné son système par répartition.

Un système de retraites dévié de ses principes fondateurs

Alors que la France s’enfonce dans une crise des finances publiques, le système de retraites, pilier de la protection sociale, est au cœur d’un débat brûlant. Un retour aux principes de 1945 s’impose pour sauver l’autonomie des caisses d’assurance-retraite, aujourd’hui étouffées par les subventions d’État.

La trahison du contrat social de la Libération

En 1945, la France avait instauré un système de retraites par répartition, universel et géré de manière autonome par les partenaires sociaux. Aujourd’hui, ce modèle est détourné au profit d’un mécanisme opaque de subventions publiques.

Les retraites publiques obligatoires, financées par les cotisations, atteignent 269 milliards d’euros par an (9 % du PIB). Mais 35 % de ce montant provient de subventions d’État, soit 144 milliards d’euros (5 % du PIB). Une aberration qui fausse la logique d’assurance et renforce la dépendance aux finances publiques.

Un système devenu ingérable

Les caisses d’assurance-retraite, censées garantir leur solvabilité, ont échoué à anticiper les chocs démographiques. Plutôt que de constituer des réserves, elles ont attendu des renflouements étatiques, transformant les retraites en variable d’ajustement budgétaire.

Pourtant, une assurance digne de ce nom doit éviter les déficits ex ante et accumuler des provisions pour les risques non cycliques, comme le vieillissement de la population. La France a préféré la facilité : la dette publique.

La redistribution sociale, une mission qui n’appartient pas aux retraites

Certains défendent l’idée que le système de retraites doit servir à la redistribution sociale. Cette mission relève pourtant du budget de l’État, via des outils comme le Fonds de solidarité vieillesse (FSV). Confondre les deux revient à saper la crédibilité du système par répartition.

En 2026, sous la présidence d’Emmanuel Macron et le gouvernement Lecornu II, la question des retraites reste un sujet explosif. La gauche dénonce une privatisation déguisée, tandis que la droite et l’extrême droite défendent un statu quo insoutenable.

Vers une réforme radicale ?

Pour restaurer la confiance, il faudrait restaurer l’autonomie des caisses, comme en 1945. Cela passerait par :

  • La fin des subventions d’État, remplacées par des mécanismes de solidarité transparents.

    La constitution de réserves obligatoires pour absorber les chocs démographiques.

    Un retour à la logique d’assurance, où les cotisations financent les pensions sans dépendre du budget de l’État.

Mais dans un contexte de crise des finances publiques, cette réforme semble lointaine. La France préfère-t-elle vraiment sauver son système de retraites, ou le laisser sombrer dans l’opacité ?

« La retraite publique par répartition est augmentée en France par des subventions d’État. C’est une trahison du contrat social de 1945. »

À propos de l'auteur

Aurélie Lefebvre

Lassée de ne pas avoirs d'informations fiables sur la politique française, j'ai décidé de créer avec Mathieu politique-france.info ! Je m'y consacre désormais à plein temps, pour vous narrer les grands faits politique du pays et d'ailleurs. Je lis aussi avec plaisir les articles de politique locale que VOUS écrivez :)

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Commentaires (10)

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Tangente

il y a 1 jour

Dans 20 ans, on parlera encore de 'réforme des retraites' en mode 'cette fois, c’est la bonne'. Spoiler : ça sera pareil. Comme d’hab.

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Erdeven

il y a 1 jour

Moi j’ai ma mère qui a bossé 40 ans et elle touche 1200€ de retraite... Franchement, c’est dégueulasse !!!

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Michèle du 54

il y a 1 jour

@erdeven Je comprends ta colère ! Ma tante, 65 ans, doit continuer à bosser en intérim pour survivre. C’est ça, le vrai scandale. On nous ment depuis des décennies !

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Zen_187

il y a 1 jour

Bref, on est dans la merde... Mais bon, on va encore voter pour les mêmes en espérant que ça change... LOL

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Cynique bienveillant

il y a 1 jour

Le vrai problème, c’est que le système par répartition repose sur la solidarité intergénérationnelle. Si l’État détourne les fonds, c’est toute la pyramide qui s’écroule. Et après, on s’étonne que les jeunes n’y croient plus...

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EyeToEye71

il y a 1 jour

@cynique-bienveillant Exactement ! Regardez en Suède, ils ont réformé leur système en 1994 en introduisant des comptes notionnels. Ça a sauvé leurs retraites. Mais chez nous, on préfère jouer à l’autruche...

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Gavroche

il y a 1 jour

Moi j’ai 30 ans et jsp si j’aurai une retraite un jour... Franchement, c’est la honte !!!

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C

Carcassonne

il y a 1 jour

Nooooon mais sérieux ??? Ils nous prennent pour des cons ou quoi ??? On bosse toute notre vie pour se retrouver avec des miettes ??? Pfff...

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Apollon 6

il y a 1 jour

Le contrat social de 1945, c'est pas juste un bout de papier, c'est un engagement ! Comment on peut justifier ces subventions qui profitent à quelques-uns au détriment des autres ? @crepuscule, tu penses que c'est inévitable ?

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C

Crépuscule

il y a 1 jour

@apollon-6 Inévitable ? Non, mais prévisible. La France a toujours eu du mal à résister à la tentation de saupoudrer des milliards en espérant que ça résoudra tout. Résultat : le système s’effondre à petit feu.

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