Un système de retraites dévié de ses principes fondateurs
Alors que la France s’enfonce dans une crise des finances publiques, le système de retraites, pilier de la protection sociale, est au cœur d’un débat brûlant. Un retour aux principes de 1945 s’impose pour sauver l’autonomie des caisses d’assurance-retraite, aujourd’hui étouffées par les subventions d’État.
La trahison du contrat social de la Libération
En 1945, la France avait instauré un système de retraites par répartition, universel et géré de manière autonome par les partenaires sociaux. Aujourd’hui, ce modèle est détourné au profit d’un mécanisme opaque de subventions publiques.
Les retraites publiques obligatoires, financées par les cotisations, atteignent 269 milliards d’euros par an (9 % du PIB). Mais 35 % de ce montant provient de subventions d’État, soit 144 milliards d’euros (5 % du PIB). Une aberration qui fausse la logique d’assurance et renforce la dépendance aux finances publiques.
Un système devenu ingérable
Les caisses d’assurance-retraite, censées garantir leur solvabilité, ont échoué à anticiper les chocs démographiques. Plutôt que de constituer des réserves, elles ont attendu des renflouements étatiques, transformant les retraites en variable d’ajustement budgétaire.
Pourtant, une assurance digne de ce nom doit éviter les déficits ex ante et accumuler des provisions pour les risques non cycliques, comme le vieillissement de la population. La France a préféré la facilité : la dette publique.
La redistribution sociale, une mission qui n’appartient pas aux retraites
Certains défendent l’idée que le système de retraites doit servir à la redistribution sociale. Cette mission relève pourtant du budget de l’État, via des outils comme le Fonds de solidarité vieillesse (FSV). Confondre les deux revient à saper la crédibilité du système par répartition.
En 2026, sous la présidence d’Emmanuel Macron et le gouvernement Lecornu II, la question des retraites reste un sujet explosif. La gauche dénonce une privatisation déguisée, tandis que la droite et l’extrême droite défendent un statu quo insoutenable.
Vers une réforme radicale ?
Pour restaurer la confiance, il faudrait restaurer l’autonomie des caisses, comme en 1945. Cela passerait par :
La fin des subventions d’État, remplacées par des mécanismes de solidarité transparents.
La constitution de réserves obligatoires pour absorber les chocs démographiques.
Un retour à la logique d’assurance, où les cotisations financent les pensions sans dépendre du budget de l’État.
Mais dans un contexte de crise des finances publiques, cette réforme semble lointaine. La France préfère-t-elle vraiment sauver son système de retraites, ou le laisser sombrer dans l’opacité ?
« La retraite publique par répartition est augmentée en France par des subventions d’État. C’est une trahison du contrat social de 1945. »