Un projet de réforme qui suscite l'indignation
La décision du gouvernement Lecornu II de réorganiser Santé publique France, l'agence nationale de santé publique, soulève une vague de protestations parmi les professionnels de santé. Annoncée sur la base d'un rapport confidentiel de l'inspection générale des affaires sociales, cette réforme, perçue comme un démantèlement déguisé, menace l'autonomie des experts scientifiques dans l'élaboration des politiques publiques.
Une expertise scientifique sous la menace
Créée en 2016 pour centraliser les missions de surveillance sanitaire, de veille et de prévention, Santé publique France incarne une réponse aux crises sanitaires récurrentes. Son indépendance vis-à-vis des pressions politiques est pourtant aujourd'hui remise en cause par le transfert des campagnes de prévention vers le ministère de la Santé, sous le contrôle direct du gouvernement.
"Cette réforme pose une question fondamentale : quelle place notre société accorde-t-elle à l'expertise scientifique dans la décision publique ?"
Les défis sanitaires exigent une approche rigoureuse
Face à l'augmentation des maladies chroniques, aux inégalités sociales de santé et aux crises environnementales, les politiques publiques doivent s'appuyer sur des données robustes et une vision à long terme. La réforme envisagée risque de fragiliser cette approche, au profit d'une logique court-termiste et politicisée.
Un contexte politique troublant
Alors que le gouvernement justifie cette réforme par une prétendue rationalisation de l'action publique, les critiques soulignent l'absence de transparence et de débat démocratique. Cette décision intervient dans un contexte marqué par la crise des vocations politiques et une défiance croissante envers les institutions.
Les professionnels de santé alertent : affaiblir Santé publique France, c'est saper les fondements même de la démocratie sanitaire. Dans un pays où les défis sanitaires s'accumulent, cette réforme pourrait avoir des conséquences dramatiques pour la santé publique.