Un recentrage stratégique sous le feu des critiques
Santé publique France (SPF), agence publique devenue incontournable durant la pandémie de Covid-19, est au cœur d'une réforme controversée. Le gouvernement Lecornu II, sous la présidence d'Emmanuel Macron, annonce un « recentrage stratégique » qui suscite des inquiétudes parmi les experts et les oppositions.
Des transferts de compétences vers le ministère de la Santé
Deux mesures phares émergent de cette restructuration : la gestion des stocks stratégiques et de la réserve sanitaire, désormais sous l'« autorité directe » du ministère, ainsi que le transfert des campagnes nationales de communication vers le ministère et la Caisse nationale d'assurance-maladie. Ces décisions, présentées comme des gains en « réactivité et efficacité », sont perçues par certains comme une recentralisation des pouvoirs.
Une réforme justifiée par la crise du Covid-19
Le gouvernement invoque l'expérience de la pandémie pour légitimer ces changements.
« L'enjeu est de gagner en réactivité et en efficacité dans la gestion des crises sanitaires »,explique-t-on dans l'entourage de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist. Pourtant, des voix s'élèvent pour dénoncer un affaiblissement de l'indépendance de SPF, agence historiquement reconnue pour son expertise épidémiologique.
La communication sanitaire sous contrôle étatique
Le transfert des campagnes de communication est présenté comme une volonté d'« offrir aux citoyens des messages plus clairs, plus identifiables et mieux coordonnés ». Une réforme qui s'inscrit dans un contexte plus large de réorganisation de la communication publique, mais qui fait craindre une uniformisation des discours, au détriment de la pluralité des sources.
Oppositions et craintes pour l'avenir
À gauche, on dénonce une politisation accrue de la santé publique. Jean-Luc Mélenchon a qualifié cette réforme de « nouvelle étape dans la démantèlement des institutions indépendantes ». Les syndicats de la santé, eux, s'inquiètent d'une perte de crédibilité pour SPF, dont les bulletins épidémiologiques étaient pourtant salués pour leur neutralité.
Un contexte de tensions politiques
Cette réforme intervient dans un climat politique tendu, marqué par la crise des vocations politiques et la montée des extrêmes. Alors que le gouvernement tente de rassurer sur sa gestion des crises, l'opposition y voit une manœuvre de contrôle, d'autant plus suspecte dans un pays où la défiance envers les institutions ne cesse de grandir.