Un engagement tardif mais concret
Le gouvernement français, sous la direction du Premier ministre Sébastien Lecornu, a enfin concrétisé sa promesse de simplifier la vie des élus locaux, un an après l'annonce initiale. Lors du congrès des maires en novembre 2025, Lecornu avait promis « plus de cent mesures » pour alléger les normes pesant sur les collectivités territoriales. Une note gouvernementale, consultée par nos soins, confirme que ce chantier est désormais en cours, bien que le calendrier ait été légèrement retardé.
Un « méga-décret » attendu avec impatience
Un premier « méga-décret » de vingt-huit mesures doit être publié ce samedi 21 février, marquant une étape clé dans ce processus. Le chef du gouvernement avait initialement évoqué une publication « d’ici à Noël », un délai que le gouvernement n’a pas respecté. Une fois ce texte adopté, une quarantaine d’autres mesures seront intégrées dans un projet de loi dédié, prévu pour juin.
« Éliminer beaucoup de normes et de décrets complètement surréalistes »
Cette phrase, prononcée par Lecornu en novembre 2025, résume l’ambition du gouvernement. Pourtant, certains observateurs y voient une tentative de rattraper un retard accumulé face aux critiques récurrentes sur la complexité bureaucratique française. Les élus locaux, souvent en première ligne face aux attentes des citoyens, espèrent que ces mesures iront au-delà des annonces symboliques.
Des mesures « à tiroirs » pour atteindre les 100
Pour atteindre l’objectif affiché de « plus de cent mesures », le gouvernement a recouru à des dispositions « à tiroirs », regroupant plusieurs décisions sous un même chapitre. Certaines de ces mesures pourraient être perçues comme des ajustements mineurs plutôt que des réformes structurelles. Le chiffre final pourrait ainsi osciller entre 120 et 130 mesures, un nombre qui, s’il impressionne, ne garantit pas pour autant une simplification radicale.
Un enjeu politique majeur
Dans un contexte de crise de la démocratie locale, où les élus locaux peinent à répondre aux attentes des citoyens tout en faisant face à des contraintes administratives croissantes, cette réforme pourrait être un test pour le gouvernement. La droite et l’extrême droite, souvent critiques envers l’exécutif, pourraient saisir l’occasion pour dénoncer un manque d’ambition. À l’inverse, la gauche, bien que sceptique, pourrait saluer une avancée, à condition que les mesures soient à la hauteur des promesses.
Reste à savoir si ces annonces suffiront à redonner confiance aux maires et aux collectivités, alors que le pays traverse une période de défiance institutionnelle et de crise des vocations politiques.