Souveraineté numérique : l'État français tourne le dos aux géants américains

Par Anadiplose 31/01/2026 à 19:17
Souveraineté numérique : l'État français tourne le dos aux géants américains

L'État français abandonne les outils numériques américains pour des solutions souveraines, une décision stratégique face aux tensions géopolitiques et aux enjeux de souveraineté.

Un virage stratégique pour l'administration française

Le gouvernement français accélère sa transition vers des solutions numériques souveraines, marquant un tournant dans la politique technologique du pays. La décision prise par le Premier ministre Sébastien Lecornu d'abandonner les outils de visioconférence américains au profit de la plateforme française Visio illustre cette volonté de reconquérir une autonomie numérique face à la domination des GAFAM.

Des économies et une question de souveraineté

Selon les estimations, ce choix permettrait à l'État d'économiser près d'un million d'euros par an pour 100 000 agents publics. Mais au-delà des considérations budgétaires, c'est bien la souveraineté des communications qui motive cette décision. Les échanges sensibles au sein de l'administration ne doivent plus transiter par des serveurs étrangers, notamment américains, où les lois locales pourraient compromettre leur confidentialité.

Un contexte géopolitique tendu

Cette initiative intervient alors que les tensions entre la France et les États-Unis se sont intensifiées, notamment après l'interdiction faite à un magistrat français d'utiliser des services numériques américains. Une mesure qui rappelle les risques liés à la dépendance technologique envers des acteurs étrangers.

Des critiques dans le secteur privé

Le choix d'une solution développée par l'administration plutôt que par une entreprise privée a suscité des critiques. Les acteurs du numérique français auraient préféré que l'État soutienne une entreprise existante, ce qui aurait pu renforcer son positionnement sur le marché international. Cependant, le gouvernement justifie cette décision par la nécessité d'un contrôle strict sur les outils utilisés par l'administration.

L'émergence d'alternatives européennes

Parallèlement, des initiatives citoyennes et privées fleurissent pour promouvoir des alternatives européennes aux géants américains. Des plateformes comme European Alternatives ou Switch to Eu proposent des listes de services équivalents, couvrant des domaines aussi variés que la messagerie, la traduction ou la navigation. Ces initiatives, bien que moins performantes pour l'instant, pourraient à terme renforcer l'écosystème numérique européen.

Un enjeu politique et économique

Cette transition numérique s'inscrit dans une logique plus large de réduction des dépendances stratégiques vis-à-vis des États-Unis. Elle s'accompagne d'un soutien accru aux entreprises européennes, qui pourraient tirer profit de cette dynamique pour innover et se développer. La technologie est bien une science politique, comme le rappelle cette chronique.

À propos de l'auteur

Anadiplose

J'en ai assez du journalisme tiède qui ménage la chèvre et le chou. Pendant des années, j'ai regardé mes confrères s'autocensurer par peur de déplaire aux annonceurs ou aux politiques. J'ai décidé d'écrire ce que je pense vraiment, sans filtre. La concentration des médias aux mains de quelques milliardaires me révolte. La précarisation de ma profession me met en colère. Mais c'est précisément cette colère qui me pousse à continuer. Chaque article est un acte de résistance contre la pensée unique

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Commentaires (5)

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Hermès

il y a 2 semaines

Ce qui est intéressant, c'est que cette mesure s'inscrit dans une tendance plus large en Europe. L'Allemagne et l'Italie ont déjà commencé à réduire leur dépendance aux outils américains. Reste à savoir si la France saura éviter les écueils techniques et financiers qui ont fait échouer des projets similaires par le passé.

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Poséidon

il y a 2 semaines

Bof, on a déjà vu ça avec le Minitel... Franchement, je vois pas en quoi c'est différent. À part le nom, bien sûr. Mais bon, on verra bien.

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Diogène

il y a 2 semaines

Encore une décision qui va nous coûter un bras pour un résultat médiocre. Comme d'hab.

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GhostWriter

il y a 2 semaines

@diogene Franchement, tu exagères un peu non ? Les solutions souveraines c'est l'avenir, on peut pas rester dépendants des GAFAM éternellement. Et puis, c'est pas comme si on avait le choix avec les tensions actuelles...

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Nausicaa

il y a 2 semaines

Nooooon mais sérieux ??? On va encore se retrouver avec des outils qui marchent pas et qui coûtent 3 fois plus cher !!! Jsp comment ils font pour nous prendre pour des c*** comme ça...

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