Une mesure fiscale controversée relancée par le gouvernement Lecornu
Dans un immeuble du 19e arrondissement de Paris, l'usine Fuu produit des liquides pour cigarettes électroniques. Entre cliquetis des machines et respiration des presseurs pneumatiques, l'activité semble paisible. Pourtant, derrière cette apparence, une tempête politique se prépare. Le projet de budget 2026, porté par le Premier ministre Sébastien Lecornu, a mis le feu aux poudres avec son article 23, prévoyant une taxe sur les produits de vapotage, une interdiction de vente en ligne et un agrément obligatoire pour les magasins spécialisés.
Un projet qui rappelle les dérives autoritaires
Cette mesure, défendue par la majorité présidentielle, suscite des critiques virulentes. Les professionnels du secteur dénoncent une atteinte à la liberté d'entreprendre, tandis que les défenseurs des libertés individuelles y voient une nouvelle tentative de contrôle étatique. « C'est une mesure qui va avant tout pénaliser les petits commerces au profit des grandes enseignes », déplore un représentant du secteur.
La droite et l'extrême droite montent au créneau
Les oppositions, de droite comme d'extrême droite, ont immédiatement saisi l'occasion pour critiquer le gouvernement. Marine Le Pen a dénoncé une « taxe de plus qui va appauvrir les Français », tandis que Jordan Bardella a évoqué un « nouveau coup porté aux libertés économiques ». La gauche, quant à elle, reste divisée : certains y voient une avancée sanitaire, d'autres une mesure trop brutale.
Un enjeu de santé publique ou une manœuvre politique ?
Le gouvernement justifie cette taxe par des arguments sanitaires, évoquant la nécessité de lutter contre le vapotage chez les jeunes. Pourtant, les experts s'interrogent sur l'efficacité réelle de cette mesure. « Une taxe ne résoudra pas le problème de fond, qui est l'absence de prévention et d'éducation », estime un spécialiste.
La menace d'un monopole des buralistes
L'idée d'accorder un monopole aux buralistes, évoquée en séance, a particulièrement inquiété les professionnels. « Cela reviendrait à sacrifier toute une filière au profit d'un lobby puissant », s'indigne un représentant des magasins spécialisés. Cette proposition, finalement écartée, illustre les tensions autour de cette réforme.
Un débat qui dépasse le cadre hexagonal
Cette polémique s'inscrit dans un contexte plus large de tensions autour des politiques sanitaires en Europe. La France, souvent critiquée pour son approche autoritaire, pourrait une fois de plus servir de laboratoire pour des mesures ensuite exportées. « On voit bien que cette taxe s'inscrit dans une logique de contrôle qui va au-delà des frontières », analyse un observateur européen.
Vers un retour en force à l'automne ?
Alors que le projet semble momentanément mis de côté, les professionnels craignent un retour en force à l'automne. « Le gouvernement a déjà utilisé cette stratégie par le passé : faire semblant de reculer pour mieux revenir plus tard », prévient un acteur du secteur. Dans un contexte de crise des finances publiques, cette taxe pourrait effectivement revenir sur le devant de la scène.