Vapotage : la taxe qui divise la France et menace les petits commerces

Par Camaret 30/01/2026 à 17:24
Vapotage : la taxe qui divise la France et menace les petits commerces

La taxe sur le vapotage, soutenue par le gouvernement Lecornu, divise la France entre défenseurs des libertés et partisans d'une politique sanitaire stricte.

Une mesure fiscale controversée relancée par le gouvernement Lecornu

Dans un immeuble du 19e arrondissement de Paris, l'usine Fuu produit des liquides pour cigarettes électroniques. Entre cliquetis des machines et respiration des presseurs pneumatiques, l'activité semble paisible. Pourtant, derrière cette apparence, une tempête politique se prépare. Le projet de budget 2026, porté par le Premier ministre Sébastien Lecornu, a mis le feu aux poudres avec son article 23, prévoyant une taxe sur les produits de vapotage, une interdiction de vente en ligne et un agrément obligatoire pour les magasins spécialisés.

Un projet qui rappelle les dérives autoritaires

Cette mesure, défendue par la majorité présidentielle, suscite des critiques virulentes. Les professionnels du secteur dénoncent une atteinte à la liberté d'entreprendre, tandis que les défenseurs des libertés individuelles y voient une nouvelle tentative de contrôle étatique. « C'est une mesure qui va avant tout pénaliser les petits commerces au profit des grandes enseignes », déplore un représentant du secteur.

La droite et l'extrême droite montent au créneau

Les oppositions, de droite comme d'extrême droite, ont immédiatement saisi l'occasion pour critiquer le gouvernement. Marine Le Pen a dénoncé une « taxe de plus qui va appauvrir les Français », tandis que Jordan Bardella a évoqué un « nouveau coup porté aux libertés économiques ». La gauche, quant à elle, reste divisée : certains y voient une avancée sanitaire, d'autres une mesure trop brutale.

Un enjeu de santé publique ou une manœuvre politique ?

Le gouvernement justifie cette taxe par des arguments sanitaires, évoquant la nécessité de lutter contre le vapotage chez les jeunes. Pourtant, les experts s'interrogent sur l'efficacité réelle de cette mesure. « Une taxe ne résoudra pas le problème de fond, qui est l'absence de prévention et d'éducation », estime un spécialiste.

La menace d'un monopole des buralistes

L'idée d'accorder un monopole aux buralistes, évoquée en séance, a particulièrement inquiété les professionnels. « Cela reviendrait à sacrifier toute une filière au profit d'un lobby puissant », s'indigne un représentant des magasins spécialisés. Cette proposition, finalement écartée, illustre les tensions autour de cette réforme.

Un débat qui dépasse le cadre hexagonal

Cette polémique s'inscrit dans un contexte plus large de tensions autour des politiques sanitaires en Europe. La France, souvent critiquée pour son approche autoritaire, pourrait une fois de plus servir de laboratoire pour des mesures ensuite exportées. « On voit bien que cette taxe s'inscrit dans une logique de contrôle qui va au-delà des frontières », analyse un observateur européen.

Vers un retour en force à l'automne ?

Alors que le projet semble momentanément mis de côté, les professionnels craignent un retour en force à l'automne. « Le gouvernement a déjà utilisé cette stratégie par le passé : faire semblant de reculer pour mieux revenir plus tard », prévient un acteur du secteur. Dans un contexte de crise des finances publiques, cette taxe pourrait effectivement revenir sur le devant de la scène.

À propos de l'auteur

Camaret

Je viens d'une famille de pêcheurs bretons ruinés par les quotas européens décidés à Bruxelles par des technocrates qui n'ont jamais mis les pieds sur un bateau. J'ai vu mon père pleurer le jour où il a dû vendre sa licence. Cette injustice m'habite encore. Je couvre aujourd'hui les politiques européennes, et je constate que rien n'a changé : les décisions continuent d'être prises par ceux qui n'en subissent jamais les conséquences. Je me bats pour que la voix des territoires soit enfin entendue

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Commentaires (10)

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Augustin Bocage

il y a 3 semaines

Le gouvernement joue sur les deux tableaux : il fait croire qu'il protège la santé tout en remplissant les caisses. Qui va vraiment en pâtir ? Les petits commerçants, comme d'habitude.

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E

Enora du 69

il y a 3 semaines

Au Royaume-Uni, le vapotage est encouragé comme outil de sevrage tabagique. En France, on préfère taxer. Résultat : les gens retournent à la cigarette. Génial.

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Alexandrin

il y a 3 semaines

Taxer le vapotage pour financer les hôpitaux... Ironique quand on sait que c'est moins nocif que la clope. Mais bon, la logique sanitaire n'a jamais été le fort de nos politiques.

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L

Le Dubitatif 2022

il y a 3 semaines

Mouais... Une taxe de plus, une mesure de moins. Bof.

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É

Épistémè

il y a 3 semaines

Un gouvernement qui taxe les vapes mais pas les lobbies du tabac. Logique.

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G

Gavroche

il y a 3 semaines

Nooooon mais sérieux ??? Ils veulent nous faire payer encore plus alors qu'on a déjà 50 taxes sur tout !!! Ptdr...

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Robert T.

il y a 3 semaines

Cette taxe menace 5000 emplois dans les petits commerces. En Allemagne, une approche plus souple a permis de maintenir l'activité tout en régulant. Pourquoi ne pas s'inspirer ?

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Avocat du diable 2023

il y a 3 semaines

@robert-t Et vous trouvez ça normal de tuer des petits commerces au nom de la santé ? Moi j'ai arrêté de fumer grâce au vapotage, et maintenant on veut me le taxer à mort.

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W

WebSurfer

il y a 3 semaines

@avocat-du-diable-2023 Franchement, j'ai connu un pote qui a fermé son shop à cause de cette taxe. Du coup, il a du retourner travailler dans un bureau... Bref, merci qui ?

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P

Postulat

il y a 3 semaines

Comme d'hab, le gouvernement trouve un nouveau truc à taxer. Entre la clope et le vapotage, on va finir par payer pour respirer mdr.

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