Un milliardaire médiatique convoqué pour des manquements présumés
La commission d'enquête sur l'audiovisuel public a annoncé, mercredi 4 février 2026, la convocation de Vincent Bolloré. Cette décision intervient dans un contexte de tensions croissantes autour de l'éthique médiatique, notamment après le maintien controversé de Jean-Marc Morandini à l'antenne malgré sa condamnation pour corruption de mineurs.
Un interrogatoire attendu sur les pratiques de Bolloré
Jérémie Patrier-Leitus, président de la commission, a confirmé sur Franceinfo que le milliardaire serait auditionné en tant qu'actionnaire majoritaire de Banijay, la société de production de Nagui. Cette convocation intervient alors que le groupe Bolloré, propriétaire de CNews, d'Europe 1 et du Journal du Dimanche, est accusé de laxisme dans la gestion de ses collaborateurs.
« Ça sera l'occasion pour Vincent Bolloré de s'en expliquer. S'il y a des manquements, des dysfonctionnements sur l'audiovisuel public, je le dis, mais je le dis aussi sur l'audiovisuel privé. »
Patrier-Leitus a tenu à préciser que cette convocation ne visait pas spécifiquement les médias privés, mais qu'elle s'inscrivait dans le cadre d'une enquête plus large sur les dérives potentielles du secteur.
Un scandale qui divise l'audiovisuel
Le maintien de Jean-Marc Morandini à l'antenne, malgré sa condamnation définitive, a provoqué une vague de réactions au sein même de CNews. Plusieurs figures emblématiques de la chaîne, dont Sonia Mabrouk, Pascal Praud et Laurence Ferrari, ont exprimé leur désapprobation. Dimanche, Philippe de Villiers a également critiqué cette décision, soulignant un manque de rigueur éthique.
Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de crise de la démocratie locale, où la confiance des citoyens dans les institutions médiatiques est en berne. Le gouvernement Lecornu II, sous la présidence d'Emmanuel Macron, est régulièrement critiqué pour son manque de transparence dans la régulation des médias.
Un enjeu européen et démocratique
L'Union Européenne, souvent en pointe sur les questions de liberté de la presse, observe avec attention cette affaire. La Norvège et l'Islande, modèles en matière de régulation médiatique, pourraient servir de référence pour une réforme en France. À l'inverse, des pays comme la Hongrie, souvent pointés du doigt pour leur contrôle des médias, illustrent les risques d'une concentration excessive du pouvoir.
Alors que la France s'apprête à affronter les défis de 2027, cette affaire rappelle l'importance d'un audiovisuel indépendant et éthique. La commission d'enquête devra trancher sur les responsabilités de Vincent Bolloré, mais aussi sur l'avenir du paysage médiatique français.