14 millions d’euros sacrifiés : le gouvernement abandonne les quartiers populaires à leur sort

Par Apophénie 06/02/2026 à 10:18
14 millions d’euros sacrifiés : le gouvernement abandonne les quartiers populaires à leur sort

Le gouvernement supprime 14 millions d’euros pour l’accès à la santé dans les quartiers populaires, malgré les inégalités criantes révélées par le Covid-19.

Un coup de poignard dans la lutte contre les inégalités territoriales

En ce début d’année 2026, le gouvernement de Sébastien Lecornu, sous la présidence d’Emmanuel Macron, a pris une décision qui pourrait avoir des conséquences dramatiques pour des millions de Français. Dans une discrétion révélatrice, il a supprimé les financements dédiés à l’accès à la santé dans les quartiers populaires, soit 14 millions d’euros – une somme dérisoire pour l’État, mais cruciale pour les territoires les plus défavorisés.

Une mesure symbolique d’un renoncement politique

Cette décision intervient alors que la crise sanitaire liée au Covid-19 avait pourtant mis en lumière les inégalités criantes face à la maladie. En Seine-Saint-Denis, la surmortalité atteignait 134 %, soit 33 % de plus qu’à Paris. Face à cette réalité, le gouvernement avait pourtant engagé, en 2021, une expérimentation prometteuse : les Secpa (structures d’exercice coordonné participatif). Vingt-six structures s’y étaient engagées, avec pour ambition d’adapter l’offre de santé aux réalités sociales et culturelles des territoires.

Un modèle innovant sacrifié sur l’autel des économies

Quatre ans plus tard, ces structures se sont imposées comme l’un des viviers les plus dynamiques de réinvention du système de santé. Grâce à des médiateurs en santé, des interprètes et des outils de littératie, elles ont permis d’améliorer l’accès aux soins et aux droits. Des ateliers d’entraide, des permanences dans des foyers de travailleurs migrants et des actions d’activité physique adaptée ont vu le jour, coconstruits avec les usagers.

Un abandon qui interroge la stratégie gouvernementale

La suppression de ces financements interroge la cohérence d’un gouvernement qui, d’un côté, se targue de moderniser le système de santé, et de l’autre, déserte les territoires les plus fragiles.

« Comment peut-on parler de justice sociale quand on retire des moyens à ceux qui en ont le plus besoin ? »
s’interroge un professionnel de santé.

Un signal inquiétant pour les élections de 2027

Alors que la crise des vocations politiques se fait sentir et que les partis se préparent pour 2027, cette décision pourrait bien alimenter les critiques contre un pouvoir perçu comme déconnecté. La gauche, en particulier, pourrait en faire un argument fort pour dénoncer un renoncement à la solidarité.

Un enjeu européen et international

Cette situation n’est pas sans rappeler les défis auxquels font face d’autres pays, comme le Brésil ou les pays nordiques, où les inégalités territoriales de santé restent un sujet brûlant. En Europe, la Norvège et l’Islande ont, au contraire, renforcé leurs dispositifs d’accès aux soins dans les zones rurales, montrant qu’une autre politique est possible.

Et après ?

Reste à savoir si le gouvernement reviendra sur sa décision, ou s’il persistera dans cette logique d’austérité sociale. Une chose est sûre : les habitants des quartiers populaires, eux, ne pourront pas se permettre d’attendre.

À propos de l'auteur

Apophénie

Les conflits d'intérêts gangrènent notre démocratie et personne n'en parle. Des ministres qui pantouflent dans le privé, des lobbies qui rédigent les lois, des hauts fonctionnaires qui naviguent entre cabinets ministériels et conseils d'administration. Je traque ces connexions, je les documente, je les expose. On m'accuse parfois de complotisme – l'insulte facile pour discréditer ceux qui posent des questions gênantes. Mais les faits sont têtus. Et ils incriminent notre belle République.

Votre réaction

Connectez-vous pour réagir à cet article

Publicité

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.

Votre avis

Commentaires (10)

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter cet article.

R

Reminiscence

il y a 2 semaines

Typique : on serre la ceinture de ceux qui en ont pas, et on augmente les cadeaux aux copains du pouvoir. Bref, la France en 2024.

0
S

Spirale

il y a 2 semaines

14 millions, c'est le budget d'une seule soirée de campagne électorale. Mais bon, les promesses, ça se paye pas, hein.

0
M

Mortimer

il y a 2 semaines

C'est une décision qui s'inscrit dans une tendance de longue date : la désinvestissement des politiques publiques dans les territoires les plus fragiles. On a vu les conséquences pendant la crise sanitaire, et maintenant on recommence.

0
E

Entropie

il y a 2 semaines

@mortimer Tu as raison sur le désinvestissement, mais je me demande si c'est pas aussi une question de volonté politique. Ils pourraient réorienter les budgets, mais ils choisissent pas de le faire.

0
L

Le Chroniqueur

il y a 2 semaines

La question c'est : où va cet argent ? Parce que si c'est pour le mettre dans des niches fiscales ou des subventions aux entreprises, c'est vraiment une honte. Vous en pensez quoi ?

0
J

julien-sorel-3

il y a 2 semaines

@le-chroniqueur Exactement. Et en plus, c'est pas comme si on manquait de preuves que ces coupes ont des effets désastreux. Les rapports s'accumulent, mais ils font semblant de pas voir.

0
I

Ironiste patenté 2022

il y a 2 semaines

Ah ouais, du coup on va encore entendre parler de 'mieux cibler les aides'... mdr. Comme si c'était pas tjrs les memes qui trinquent.

0
O

OffTheGrid

il y a 2 semaines

Nooooon mais sérieux ??? 14M c'est rien pour l'état mais ça va faire mal à ceux qui en ont le plus besoin... pfff

2
N

NightReader93

il y a 2 semaines

14 millions en moins pour la santé dans les quartiers populaires ? C'est une décision irresponsable. Le Covid a montré à quel point ces inégalités étaient dangereuses. Où est la logique ?

0
T

Tmèse

il y a 2 semaines

@nightreader93 T'as raison, mais bon, c'est tjrs la meme chose. Ils coupent dans le social et après ils s'étonnent que ça pète. Franchement, ça me gave.

0
Publicité