Un coup de poignard dans la lutte contre les inégalités territoriales
En ce début d’année 2026, le gouvernement de Sébastien Lecornu, sous la présidence d’Emmanuel Macron, a pris une décision qui pourrait avoir des conséquences dramatiques pour des millions de Français. Dans une discrétion révélatrice, il a supprimé les financements dédiés à l’accès à la santé dans les quartiers populaires, soit 14 millions d’euros – une somme dérisoire pour l’État, mais cruciale pour les territoires les plus défavorisés.
Une mesure symbolique d’un renoncement politique
Cette décision intervient alors que la crise sanitaire liée au Covid-19 avait pourtant mis en lumière les inégalités criantes face à la maladie. En Seine-Saint-Denis, la surmortalité atteignait 134 %, soit 33 % de plus qu’à Paris. Face à cette réalité, le gouvernement avait pourtant engagé, en 2021, une expérimentation prometteuse : les Secpa (structures d’exercice coordonné participatif). Vingt-six structures s’y étaient engagées, avec pour ambition d’adapter l’offre de santé aux réalités sociales et culturelles des territoires.
Un modèle innovant sacrifié sur l’autel des économies
Quatre ans plus tard, ces structures se sont imposées comme l’un des viviers les plus dynamiques de réinvention du système de santé. Grâce à des médiateurs en santé, des interprètes et des outils de littératie, elles ont permis d’améliorer l’accès aux soins et aux droits. Des ateliers d’entraide, des permanences dans des foyers de travailleurs migrants et des actions d’activité physique adaptée ont vu le jour, coconstruits avec les usagers.
Un abandon qui interroge la stratégie gouvernementale
La suppression de ces financements interroge la cohérence d’un gouvernement qui, d’un côté, se targue de moderniser le système de santé, et de l’autre, déserte les territoires les plus fragiles.
« Comment peut-on parler de justice sociale quand on retire des moyens à ceux qui en ont le plus besoin ? »s’interroge un professionnel de santé.
Un signal inquiétant pour les élections de 2027
Alors que la crise des vocations politiques se fait sentir et que les partis se préparent pour 2027, cette décision pourrait bien alimenter les critiques contre un pouvoir perçu comme déconnecté. La gauche, en particulier, pourrait en faire un argument fort pour dénoncer un renoncement à la solidarité.
Un enjeu européen et international
Cette situation n’est pas sans rappeler les défis auxquels font face d’autres pays, comme le Brésil ou les pays nordiques, où les inégalités territoriales de santé restent un sujet brûlant. En Europe, la Norvège et l’Islande ont, au contraire, renforcé leurs dispositifs d’accès aux soins dans les zones rurales, montrant qu’une autre politique est possible.
Et après ?
Reste à savoir si le gouvernement reviendra sur sa décision, ou s’il persistera dans cette logique d’austérité sociale. Une chose est sûre : les habitants des quartiers populaires, eux, ne pourront pas se permettre d’attendre.