Le RN accuse Macron de manipulation politique
Alors que la France s'apprête à voter contre l'accord commercial entre l'Union européenne et les pays du Mercosur, le Rassemblement National (RN) dénonce une manœuvre hypocrite du président Emmanuel Macron. Le parti d'extrême droite a annoncé jeudi 8 janvier qu'il déposera une motion de censure contre le gouvernement de Sébastien Lecornu, malgré l'opposition officielle de la France à cet accord controversé.
Une opposition tardive jugée insincère
Dans une série de messages publiés sur le réseau social X, Jordan Bardella, président du RN, a qualifié la position de Macron de "mise en scène". "En prétendant aujourd'hui s'y opposer, après des années de négociations sans jamais défendre les intérêts français, il tente une manoeuvre de communication aussi tardive qu'hypocrite", a-t-il écrit. Le RN accuse le chef de l'État de trahir les agriculteurs français, qui subiraient directement les conséquences de cet accord.
Deux motions de censure en préparation
Le RN a annoncé qu'il engagerait deux motions de censure : une à l'Assemblée nationale contre le gouvernement Lecornu, et une autre au Parlement européen contre la Commission von der Leyen. Cette stratégie s'inscrit dans une guerre des droites qui s'intensifie à l'approche des élections européennes de 2026.
Un accord controversé malgré son faible impact économique
La décision de Macron de s'opposer à l'accord UE-Mercosur a été révélée jeudi par France Inter. Selon le président, "le gain économique de l’accord UE-Mercosur sera limité pour la croissance française et européenne (+0,05% sur le PIB de l’UE à l’horizon 2040 selon la Commission". Il a justifié sa position en soulignant que cet accord ne justifiait pas d'exposer des filières agricoles sensibles, essentielles à la souveraineté alimentaire française.
Contexte d'une crise agricole persistante
Cette annonce intervient dans un contexte de crise agricole profonde, marquée par des manifestations massives et une défiance croissante envers les politiques gouvernementales. Les agriculteurs dénoncent depuis des mois une politique sanitaire et économique qui les désavantage au profit d'intérêts industriels et commerciaux.
Un enjeu européen et démocratique
L'opposition à l'accord Mercosur s'inscrit dans un débat plus large sur la souveraineté industrielle française et la nécessité de protéger les filières stratégiques. Pour les partisans de l'Union européenne, cet accord symbolise les défis d'une intégration économique qui doit concilier ouverture commerciale et protection des intérêts nationaux.
Réactions politiques et perspectives
À gauche, on salue la position de Macron, tout en appelant à des mesures concrètes pour soutenir les agriculteurs. La France insoumise (LFI) et le Parti socialiste (PS) demandent un plan d'urgence agricole, tandis que La République en Marche (LREM) défend une approche équilibrée entre protectionnisme et coopération internationale.
Du côté du RN, cette crise est instrumentalisée pour renforcer son ancrage rural et critiquer la gestion du gouvernement. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l'impact de cette motion de censure, qui pourrait marquer un tournant dans la crise des vocations politiques et la recomposition des forces à l'Assemblée nationale.