Allocation universelle : la droite veut sauver la natalité avec 250 euros par mois

Par Aporie 11/02/2026 à 09:23
Allocation universelle : la droite veut sauver la natalité avec 250 euros par mois

Allocation universelle de 250 euros par mois : la droite propose une révolution pour sauver la natalité en France, face à la crise démographique.

Un rapport parlementaire propose une révolution de la politique familiale

Alors que la France fait face à une crise démographique sans précédent, un rapport parlementaire présenté ce mercredi 11 février 2026 propose une réforme radicale du système d'allocations familiales. À l'initiative du député Horizons Jérémie Patrier-Leitus, ce document plaide pour un versement familial unique de 250 euros par mois dès le premier enfant, sans conditions de ressources.

Ce projet, porté par un proche d'Édouard Philippe, s'inscrit dans un contexte de chute historique des naissances, un phénomène qui inquiète autant les démographes que les responsables politiques. Le gouvernement Lecornu II, sous la présidence d'Emmanuel Macron, pourrait être tenté par cette mesure, bien que les critiques de la gauche et des associations familiales ne manquent pas.

Un « delta » à combler entre désir d'enfant et réalité

Dans son rapport, M. Patrier-Leitus affirme que le désir d'enfant des Français est supérieur aux chiffres actuels des naissances. Pour lui, il existe un écart criant entre les aspirations des familles et les réalités économiques et sociales qui les empêchent de concrétiser ce projet.

« Réduire ce delta est un beau défi »

Parmi les freins identifiés figurent le coût du logement, les difficultés de conciliation vie professionnelle-vie familiale, ainsi que le manque de modes de garde accessibles. Le député propose donc un ensemble de mesures, dont cette allocation universelle, pour permettre à ceux qui le souhaitent d'avoir des enfants.

Une mesure controversée, entre libéralisme et solidarité

L'idée d'une allocation familiale universelle, sans conditions de ressources, suscite des débats. Si certains y voient un progrès social, d'autres craignent un effet d'aubaine ou une déresponsabilisation des employeurs face à leurs obligations familiales.

La gauche, notamment Jean-Luc Mélenchon, a déjà critiqué cette approche, estimant qu'elle bénéficierait davantage aux ménages aisés qu'aux familles les plus modestes. Les syndicats, quant à eux, réclament des améliorations concrètes des congés parentaux et des aides à la garde d'enfants.

Du côté de l'extrême droite, Marine Le Pen a salué l'initiative, mais a rappelé son attachement à une politique nataliste plus stricte, incluant des mesures anti-immigration pour « protéger les familles françaises ».

Un enjeu européen et international

La France n'est pas le seul pays confronté à ce défi. L'Union européenne, la Norvège et le Canada ont déjà mis en place des systèmes d'allocations familiales généreux, avec des résultats mitigés. En revanche, des pays comme la Russie ou la Chine, malgré des politiques natalistes agressives, peinent à inverser la tendance.

En France, où le taux de fécondité reste l'un des plus élevés d'Europe, la baisse récente des naissances pourrait affecter la croissance économique et le financement des retraites. Le gouvernement Lecornu II devra donc arbitrer entre mesures incitatives et réformes structurelles.

À propos de l'auteur

Aporie

La Cinquième République est à bout de souffle. Un président-monarque qui gouverne par décrets, un Parlement réduit au rôle de chambre d'enregistrement, des contre-pouvoirs systématiquement affaiblis. Je pose les questions que les éditorialistes mainstream évitent soigneusement : à qui profite ce système ? Pourquoi les mêmes familles politiques se partagent le pouvoir depuis quarante ans ? Comment se fait-il que les promesses de campagne soient toujours trahies ?

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Commentaires (10)

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Eva13

il y a 1 semaine

On a déjà vu ce genre de propositions dans les années 70. À l'époque, ça n'avait pas marché. Pourquoi ça marcherait aujourd'hui ? L'histoire se répète, mais on ne tire jamais les leçons.

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Fab-49

il y a 1 semaine

Politiquement, c'est un coup de com' pour la droite. Ils savent bien que cette mesure ne passera pas, mais ça leur permet de marquer des points face à la gauche sur le terrain sociétal.

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Borrégo

il y a 1 semaine

Donc on va donner de l'argent aux gens pour qu'ils fassent des enfants ? Et après, on se plaindra qu'on n'a pas assez de logements ou d'écoles. Génial.

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Michèle du 54

il y a 1 semaine

En tant que mère de 3, je peux vous dire que l'argent n'est pas le problème. C'est la charge mentale et le manque de soutien qui découragent. 250€, c'est une goutte d'eau.

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Anne-Sophie Rodez

il y a 1 semaine

Oui mais est-ce que 250€ suffisent ? Avec le coût de la vie, c'est à peine de quoi payer une crèche. Ils devraient plutôt baisser les impôts sur les familles.

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Carnac

il y a 1 semaine

@anne-sophie-rodez Exactement ! Et puis, qui va payer cette allocation ? Les mêmes qui crient au scandale quand on parle d'impôts. Logique.

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Prisme

il y a 1 semaine

L'idée n'est pas mauvaise, mais il faudrait calculer l'impact réel sur les naissances. En Suède, les allocations familiales ont boosté la natalité, mais le contexte économique était différent.

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Nathalie du 26

il y a 1 semaine

250€ pour faire des gosses ? Ils se foutent de nous. Avec ce prix-là, on aurait mieux fait d'acheter un chien.

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Roscoff

il y a 1 semaine

@nathalie-du-26 Tu exagères, c'est une mesure incitative. En Allemagne, les allocations ont permis de stabiliser les naissances. Pourquoi ça marcherait pas chez nous ?

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C

Crépuscule

il y a 1 semaine

250€ par mois pour sauver la natalité... En 2050, on aura peut-être 2,1 enfants par femme. Ou alors juste 2,1 milliards de dettes. Bref, on verra.

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