Un budget sous tension entre contrainte et compromis
Alors que le gouvernement s'apprête à finaliser le budget 2026, la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, l'un des points les plus sensibles des négociations politiques, a été ajustée pour rapporter environ 8 milliards d'euros, contre 4 milliards initialement prévus. Cette mesure, qui s'inscrit dans une logique de justice fiscale, exclura toutefois les entreprises de taille intermédiaire (ETI), une concession obtenue après les pressions du Parti socialiste.
Un effort patriotique pour la défense nationale
Le premier ministre Sébastien Lecornu justifie cette surtaxe comme un « effort patriotique » nécessaire au financement de la défense nationale. Dans une lettre adressée aux chefs d'entreprise, il affirme que cette contribution « prend toute sa part à l'effort du pays dans un contexte stratégique exigeant ». Une rhétorique qui rappelle les appels à la solidarité nationale face aux menaces extérieures, notamment celles venues de la Russie et de la Chine.
Un choix constitutionnel sous haute surveillance
Lundi 19 janvier, lors du conseil des ministres, Sébastien Lecornu devra trancher entre l'utilisation de l'article 49.3 ou d'une ordonnance budgétaire pour faire adopter le texte. Une décision qui s'annonce délicate, alors que l'opposition de droite et d'extrême droite menace déjà de contester la légitimité du processus. « Rien n'est exclu, mais ce sera tranché demain », a indiqué la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon.
La CVAE sacrifiée, un coup dur pour les entrepreneurs
Autre revers pour le gouvernement : la promesse de baisse de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) a été abandonnée. Une mesure pourtant attendue par les patrons, qui dénoncent depuis des années cet impôt de production. « Il a donc été renoncé à toute économie sur les allègements de charges », écrit Lecornu, reconnaissant ainsi un échec partiel de sa politique économique. « Je reste néanmoins persuadé qu'il faudra demain poursuivre la baisse de la CVAE », ajoute-t-il, sans préciser de calendrier.
Une gauche satisfaite, une droite en ébullition
Alors que le Parti socialiste salue cette avancée comme une « victoire pour la justice fiscale », la droite et l'extrême droite dénoncent une « attaque contre l'économie réelle ». Marine Le Pen a déjà annoncé son intention de « combattre ce budget inique », tandis que Les Républicains évoquent un « retour aux années 1980 ». De son côté, Jean-Luc Mélenchon appelle à une mobilisation pour « faire reculer les privilèges des grandes fortunes ».
Un budget sous le signe de l'austérité
Ce budget 2026 s'inscrit dans un contexte de crise des finances publiques, aggravée par les dépenses militaires et les engagements européens. « Nous devons faire des choix difficiles, mais ils sont nécessaires pour garantir la stabilité de notre pays », a déclaré Lecornu. Une position qui pourrait se heurter à l'impatience des Français, déjà touchés par l'inflation et les difficultés économiques.