Un budget sous tension
Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a défendu samedi 17 janvier sur une radio publique un budget « mesuré à l'euro près », marqué par des priorités sociales mais aussi par des économies drastiques. Face à une crise des finances publiques persistante, le gouvernement Lecornu II mise sur des mesures ciblées plutôt qu'une hausse généralisée de la fiscalité.
Priorités sociales, mais à quel prix ?
Parmi les annonces phares figurent la hausse de la prime d'activité (environ 50 euros pour un smicard) et la généralisation des repas universitaires à 1 euro. « On protège le pouvoir d'achat des travailleurs, la jeunesse et le logement », a insisté Lescure, évoquant un budget « de priorités ».
Pourtant, ces mesures s'accompagnent d'efforts budgétaires massifs. « L'État va faire des efforts extrêmement importants, il n'y a pas d'argent magique », a-t-il averti, sans préciser les chiffres. Les fonctionnaires et les collectivités locales seront mis à contribution, dans un contexte de redressement des comptes publics.
Un budget sous pression politique
La présentation du budget a été suspendue au Parlement en raison des blocages de l'opposition, notamment de la part des Insoumis et du Rassemblement national. « On pose le crayon, on annonce le budget que nous souhaitons présenter », a expliqué Lescure, soulignant que les discussions parlementaires restent à venir.
Interrogé sur les critiques de la CGT, le ministre a justifié le choix de la prime d'activité plutôt qu'une hausse des salaires : « Ça permet d'augmenter le revenu des salariés sans augmenter le coût du travail ». Une réponse qui pourrait alimenter les débats sur la justice sociale et la répartition des efforts.
Un équilibre fragile
Le gouvernement assure que ce budget permettra de réduire le déficit à 5 % du PIB. Mais dans un contexte de crise du logement et de tensions sociales, les économies annoncées risquent de peser sur les services publics et les territoires. Les prochains jours seront décisifs pour savoir si ce budget, présenté comme « responsable », saura convaincre les Français.