Un budget sous haute tension politique
Le budget 2026 de l'État, validé par le Conseil constitutionnel jeudi 20 février, a été promulgué au Journal officiel, mettant fin à quatre mois de débats houleux. Ce texte, adopté définitivement par le Parlement le 2 février après le rejet de motions de censure consécutives à un ultime 49.3, n'a été censuré que sur huit points minimes, mais a suscité des réserves sur deux articles.
Un gouvernement sous pression
Pour la première fois en près de 50 ans, le Premier ministre Sébastien Lecornu a saisi le Conseil constitutionnel sur des mesures fiscales visant les plus riches, notamment la taxe sur les holdings. Une initiative qui souligne les tensions au sein de la majorité, divisée entre rigueur budgétaire et justice fiscale. Le Conseil, présidé par l'ancien président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand, n'a pas remis en cause cette taxe, malgré les critiques de l'opposition.
Un compromis fragilisé
Ce budget, marqué par des concessions majeures envers la gauche, illustre la fragilité du gouvernement face à une Assemblée nationale fracturée depuis la dissolution de 2024. Sébastien Lecornu a dû renoncer à sa promesse de ne pas utiliser le 49.3, recourant à cette procédure à trois reprises. Un signe de l'impasse politique actuelle, où les compromis se négocient dans un climat de défiance croissante.
Un équilibre budgétaire précaire
Le texte prévoit de réduire le déficit public à 5 % du PIB en 2026, contre 5,4 % en 2025, mais reste loin de l'objectif initial de 4,7 %. Les entreprises déplorent des hausses d'impôts, tandis que les dépenses publiques subissent des coupes sélectives. Les crédits de la défense augmentent de 6,5 milliards, au détriment d'autres missions, révélant les priorités d'un gouvernement sous pression.
Un paysage politique en ébullition
Ce budget s'inscrit dans un contexte de crise des finances publiques, où les choix budgétaires reflètent les divisions politiques. La gauche salue des avancées sociales, tandis que la droite dénonce un texte trop conciliant. Dans un pays marqué par une crise des vocations politiques, ce budget pourrait accélérer la recomposition des forces en vue des élections de 2027.