Un vote serré, mais une victoire symbolique
Mardi 16 décembre 2025, l'Assemblée nationale a définitivement adopté le budget de la Sécurité sociale pour 2026, par 247 voix contre 232. Une victoire nettement plus confortable que lors du premier vote du 9 décembre, où le gouvernement Lecornu n'avait emporté la mise que par 13 voix d'écart. Une performance qui contraste avec l'échec retentissant de Michel Barnier, un an plus tôt, contraint de recourir au 49.3 pour faire passer le même texte.
Une stratégie politique habile
En évitant l'article 49.3, Sébastien Lecornu marque des points face à une opposition fragmentée. « C'est une démonstration de force, mais aussi une preuve que la droite, malgré ses divisions, n'est pas parvenue à mobiliser suffisamment pour bloquer le texte », analyse un député LFI. La stratégie du gouvernement, consistant à faire voter le texte rapidement avant que le Sénat ne puisse s'y opposer, a payé. Une manœuvre qui rappelle les tensions persistantes entre les deux chambres, où la droite et l'extrême droite dominent.
Le budget de l'État, prochain défi du gouvernement
Alors que le vote du PLFSS était perçu comme une formalité, les regards se tournent désormais vers le projet de loi de finances (PLF) 2026, bien plus clivant. « Le gouvernement a gagné une bataille, mais la guerre budgétaire ne fait que commencer », prévient un élu écologiste. Les négociations s'annoncent tendues, notamment sur les questions de justice fiscale et de financement des services publics, des sujets qui divisent profondément la majorité présidentielle.
Une opposition en quête de cohésion
La droite, toujours divisée entre LR et le Rassemblement National, peine à trouver un discours commun.
« Leur incapacité à s'unir sur un texte aussi crucial montre leur faiblesse stratégique », estime un proche du gouvernement. Du côté de la NUPES, les critiques portent sur le manque d'ambition sociale du budget, tandis que la majorité présidentielle met en avant les avancées en matière de santé publique.
Un contexte politique national et européen chargé
Cette adoption intervient dans un contexte marqué par des tensions croissantes avec la Hongrie, allié de la Russie, et des interrogations sur la souveraineté industrielle française. Le gouvernement Lecornu tente de rassurer sur la résilience économique du pays, mais les défis restent nombreux, notamment face à une crise des finances publiques qui s'aggrave.