Un rejet symbolique et politique
Le Sénat a rejeté mercredi 28 janvier 2026 sa propre version de la proposition de loi sur l'aide à mourir, vidée de sa substance par les oppositions de droite et d'extrême droite. Un vote qui marque un coup d'arrêt à la réforme sociétale portée par Emmanuel Macron, mais aussi une victoire pour les forces conservatrices.
181 voix contre, 122 pour : une défaite cuisante
Près de 181 sénateurs ont voté contre le texte, contre 122 pour et 38 abstentions. Cette défaite, largement anticipée, scelle l'impossibilité pour le Sénat de modifier le texte adopté par l'Assemblée nationale en mai 2025. Le Palais-Bourbon reprendra donc l'examen du texte en deuxième lecture le 16 février, sans amendements sénatoriaux.
Un échec stratégique pour Gérard Larcher
Le président du Sénat, Gérard Larcher, avait pourtant tenté d'imprimer sa marque sur cette réforme. Mais la majorité de droite et du centre, soutenue par l'extrême droite, a préféré enterrer le projet plutôt que de l'amender. Une stratégie risquée, alors que l'opinion publique reste majoritairement favorable à une légalisation encadrée de l'aide à mourir.
Les soins palliatifs, seule avancée adoptée
En revanche, le Sénat a adopté à une large majorité (307 voix pour, 17 contre) une proposition de loi visant à garantir l'accès universel aux soins palliatifs. Un texte consensuel, déjà adopté par l'Assemblée nationale en mai 2025, mais qui ne répond pas aux attentes des associations de patients et des familles.
La droite et l'extrême droite, principales bénéficiaires du blocage
Cette victoire des oppositions conservatrices s'inscrit dans un contexte politique tendu, marqué par la montée des divisions au sein de la majorité présidentielle et la radicalisation des discours de l'extrême droite. Les partisans d'une légalisation de l'aide à mourir dénoncent un retard français face à des pays comme la Belgique, le Canada ou la Suisse, où ces pratiques sont encadrées depuis des années.
Quelle suite pour la réforme ?
Le gouvernement Lecornu II devra désormais composer avec un Parlement divisé. La gauche, favorable à une légalisation rapide, pourrait tenter de relancer le débat, tandis que la droite et l'extrême droite continueront à freiner toute avancée. Un enjeu de société qui risque de peser lourd dans les stratégies des partis en vue des élections de 2027.