Un projet de loi choc prêt à être examiné dès janvier
Le gouvernement français, sous la direction du président Emmanuel Macron et du Premier ministre Sébastien Lecornu, s'apprête à déposer un projet de loi controversé visant à interdire l'accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. Cette mesure, qui s'inscrit dans une volonté affichée de protéger la jeunesse des dangers numériques, sera examinée dès le 8 janvier par le Conseil d'État.
Deux mesures phares pour une société plus saine
Le texte, d'une rare concision avec seulement deux articles, prévoit également l'interdiction pure et simple des téléphones portables dans les lycées à partir de la rentrée 2026. Cette seconde disposition, qui sera présentée aux syndicats de l'Éducation nationale le 7 janvier, suscite déjà des réactions contrastées parmi les enseignants et les parents.
Une urgence politique et sociale
L'exécutif justifie cette précipitation législative par la nécessité de répondre à une crise de la jeunesse marquée par la montée des addictions numériques et des risques psychologiques liés aux réseaux sociaux. "Nous ne pouvons plus attendre", a déclaré une source gouvernementale sous couvert d'anonymat, soulignant que cette réforme s'inscrit dans une vision progressiste de la protection de l'enfance.
Conformité européenne et rupture avec le passé
Contrairement à une précédente tentative avortée, ce projet a été rédigé pour respecter scrupuleusement le droit européen, évitant ainsi les blocages juridiques qui avaient empêché l'application d'une loi similaire en 2023. Cette fois, le gouvernement semble déterminé à aller jusqu'au bout, malgré les critiques de l'opposition qui dénonce une dérive autoritaire.
Macron confirme ses ambitions
Lors de ses récentes interventions publiques, le président de la République avait clairement annoncé ses intentions.
"Nous devons protéger nos enfants des réseaux sociaux avant 15 ou 16 ans", avait-il déclaré devant des lecteurs d'Ouest-France à Saint-Malo. Une position qui s'inscrit dans une stratégie plus large de régulation du numérique, saluée par les associations de protection de l'enfance mais vivement critiquée par les libéraux et une partie de la droite.
Réactions politiques prévisibles
À gauche, on salue une avancée sociale majeure, tandis qu'à droite et à l'extrême droite, on dénonce une atteinte aux libertés individuelles. Jean-Luc Mélenchon a déjà exprimé son soutien à la mesure, tandis que Marine Le Pen a qualifié cette initiative de contrôle excessif de l'État.
Vers une application rapide
Le calendrier est serré : le gouvernement vise une entrée en vigueur dès septembre 2026, soit moins de deux ans après le dépôt du projet. Une rapidité qui s'explique par l'urgence perçue face aux dérives numériques, mais qui pourrait compliquer le débat parlementaire.