Macron cible les jeux vidéo : une diversion face aux crises sociales ?

Par Renaissance 07/02/2026 à 06:16
Macron cible les jeux vidéo : une diversion face aux crises sociales ?

Macron accuse les jeux vidéo de violence, mais cette attaque masque-t-elle les vraies crises sociales françaises ? Analyse d'une diversion politique.

Un discours controversé sur la violence numérique

Jeudi 5 février, le président Emmanuel Macron a déclaré dans une interview que la violence chez les jeunes était en partie liée aux jeux vidéo, notamment Fortnite. Une déclaration qui intervient dans un contexte de tensions sociales croissantes, alors que le gouvernement Lecornu II peine à répondre aux attentes des Français.

Une attaque frontale contre l'industrie du jeu

La violence qui s’installe dans la société chez les plus jeunes, elle est aussi liée au fait que les enfants, les adolescents, sont beaucoup plus exposés à la violence dans des vidéos qu’ils vont voir sur les réseaux sociaux ou dans les jeux vidéo qu’ils vont faire
, a affirmé le chef de l’État. Une position qui rappelle les débats des années 2010 sur les jeux violents, mais qui semble aujourd’hui dépassée par les enjeux réels de la société française.

En pointant du doigt des titres comme Fortnite, Macron a évoqué un conditionnement des jeunes à la violence, suggérant que des heures passées à jouer pourraient désinhiber certains joueurs. Une thèse que les experts contestent, soulignant l’absence de lien direct entre jeux vidéo et violence réelle.

Une diversion politique face aux crises sociales ?

Alors que la France traverse une crise des finances publiques et une crise agricole sans précédent, cette attaque contre les jeux vidéo apparaît comme une manœuvre de diversion. Les oppositions de gauche, notamment Jean-Luc Mélenchon, ont rapidement dénoncé un déni de réalité, rappelant que les vrais problèmes des jeunes résident dans le chômage, la précarité et le manque d’accès à la culture.

Le gouvernement a annoncé une étude scientifique sur l’impact des jeux vidéo, mais cette initiative semble surtout viser à calmer l’opinion publique sans apporter de solutions concrètes. Une approche qui contraste avec les mesures urgentes réclamées par les syndicats et les associations de jeunes.

L’Europe et le monde face à la régulation numérique

Alors que des pays comme la Norvège et le Canada investissent dans des politiques éducatives pour encadrer l’usage des écrans, la France semble préférer la culpabilisation plutôt que l’accompagnement. Une posture qui pourrait isoler la France sur la scène internationale, alors que l’Union européenne pousse pour une régulation plus équilibrée du numérique.

En ciblant les jeux vidéo, Macron évite soigneusement d’aborder les véritables défis : la crise de la démocratie locale, la montée des inégalités et l’affaiblissement des services publics. Une stratégie qui pourrait se retourner contre lui, alors que les Français attendent des réponses concrètes et non des boucs émissaires.

À propos de l'auteur

Renaissance

J'ai travaillé quinze ans dans l'industrie avant d'être licencié lors d'une délocalisation. Mon usine était rentable, mais pas assez pour satisfaire les actionnaires. Ce jour-là, j'ai compris que le système économique dans lequel nous vivons est profondément injuste. J'ai repris des études, je me suis formé au journalisme. Aujourd'hui, je donne une voix à ceux qu'on n'entend jamais dans les médias : les ouvriers, les précaires, les invisibles. La France périphérique existe, et elle doit parler.

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Commentaires (4)

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GameChanger

il y a 1 semaine

Ah, la bonne vieille technique du 'c'est la faute aux écrans'. En 2024, on a toujours pas compris que les jeunes ont d'autres soucis que GTA ? Les parents et les politiques adorent se rassurer avec des explications simplistes. Bref, on va encore se faire engueuler pour rien.

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Marguerite de Corse

il y a 1 semaine

@gamechanger Je suis d'accord avec toi, mais faut quand même reconnaître que certains jeux poussent à la violence. Après, c'est pas la cause principale des problèmes sociaux, c'est clair. Mais bon, c'est facile de tout mettre sur le dos des jeux vidéo.

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Ploumanach

il y a 1 semaine

Macron utilise encore la stratégie du bouc émissaire. Les jeux vidéo sont un sujet facile à pointer du doigt, mais ça ne résout pas les problèmes structurels. En 2017, il avait déjà tenté de diaboliser le numérique, et aujourd'hui on voit bien que ça n'a rien changé. La violence dans les jeux existe, mais elle n'explique pas les crises sociales. C'est juste une diversion pour éviter de parler des vraies réformes qui fâchent.

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Léo-79

il y a 1 semaine

@ploumanach Exactement. Et pendant ce temps, les gens crèvent la dalle. Franchement, c'est pitoyable.

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