Un discours controversé sur la violence numérique
Jeudi 5 février, le président Emmanuel Macron a déclaré dans une interview que la violence chez les jeunes était en partie liée aux jeux vidéo, notamment Fortnite. Une déclaration qui intervient dans un contexte de tensions sociales croissantes, alors que le gouvernement Lecornu II peine à répondre aux attentes des Français.
Une attaque frontale contre l'industrie du jeu
La violence qui s’installe dans la société chez les plus jeunes, elle est aussi liée au fait que les enfants, les adolescents, sont beaucoup plus exposés à la violence dans des vidéos qu’ils vont voir sur les réseaux sociaux ou dans les jeux vidéo qu’ils vont faire, a affirmé le chef de l’État. Une position qui rappelle les débats des années 2010 sur les jeux violents, mais qui semble aujourd’hui dépassée par les enjeux réels de la société française.
En pointant du doigt des titres comme Fortnite, Macron a évoqué un conditionnement des jeunes à la violence, suggérant que des heures passées à jouer pourraient désinhiber certains joueurs. Une thèse que les experts contestent, soulignant l’absence de lien direct entre jeux vidéo et violence réelle.
Une diversion politique face aux crises sociales ?
Alors que la France traverse une crise des finances publiques et une crise agricole sans précédent, cette attaque contre les jeux vidéo apparaît comme une manœuvre de diversion. Les oppositions de gauche, notamment Jean-Luc Mélenchon, ont rapidement dénoncé un déni de réalité, rappelant que les vrais problèmes des jeunes résident dans le chômage, la précarité et le manque d’accès à la culture.
Le gouvernement a annoncé une étude scientifique sur l’impact des jeux vidéo, mais cette initiative semble surtout viser à calmer l’opinion publique sans apporter de solutions concrètes. Une approche qui contraste avec les mesures urgentes réclamées par les syndicats et les associations de jeunes.
L’Europe et le monde face à la régulation numérique
Alors que des pays comme la Norvège et le Canada investissent dans des politiques éducatives pour encadrer l’usage des écrans, la France semble préférer la culpabilisation plutôt que l’accompagnement. Une posture qui pourrait isoler la France sur la scène internationale, alors que l’Union européenne pousse pour une régulation plus équilibrée du numérique.
En ciblant les jeux vidéo, Macron évite soigneusement d’aborder les véritables défis : la crise de la démocratie locale, la montée des inégalités et l’affaiblissement des services publics. Une stratégie qui pourrait se retourner contre lui, alors que les Français attendent des réponses concrètes et non des boucs émissaires.