Une visite médiatisée mais contrôlée
Deux semaines après son discours à Davos, qui a suscité des critiques quant à son manque de connexion avec les réalités sociales françaises, Emmanuel Macron se rend en Haute-Saône, un territoire où le Rassemblement national domine. Une visite soigneusement orchestrée, où la parole présidentielle sera encadrée, voire censurée.
Un déplacement sous haute surveillance médiatique
Mardi 3 février, le président visitera une exploitation agricole à Vesoul, sous l’œil des photographes et des cameramen. Pourtant, les journalistes ne pourront poser aucune question, une pratique de plus en plus critiquée par les syndicats et une partie de la presse. « On ne peut pas mettre tout le monde dans un déjeuner au self », justifie l’Élysée, une réponse qui en dit long sur la volonté de contrôle de l’exécutif.
La crise agricole, un sujet sensible
Emmanuel Macron rencontrera des représentants syndicaux agricoles, alors que le secteur traverse une crise profonde, aggravée par les crises sanitaires et les difficultés économiques. Le président ouvrira le Salon de l’agriculture le 21 février, un événement traditionnel où il devra affronter les critiques des éleveurs, notamment sur les restrictions imposées aux bovins en raison des épidémies.
Un dialogue verrouillé avec les syndicats
Ces échanges se tiendront hors presse, interdisant tout compte rendu direct. Une décision qui rappelle les tensions entre le gouvernement et les syndicats, notamment après les réformes controversées des retraites et du code du travail.
« Le président préfère les images aux débats », déplore un syndicaliste agricole.
Un déjeuner avec des lycéens, mais sans transparence
À l’issue de ces rencontres, Macron s’exprimera devant les reporters accrédités, avant de déjeuner avec des lycéens de Vesoul pour évoquer l’usage des téléphones portables. Un sujet d’actualité après le vote, le 26 janvier, d’une proposition de loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Là encore, les journalistes n’auront pas accès aux discussions, une pratique qui soulève des questions sur la transparence de l’exécutif.
Une stratégie de communication critiquée
Cette visite en Haute-Saône s’inscrit dans une stratégie de communication de plus en plus verrouillée, alors que le gouvernement Lecornu II fait face à une montée des critiques, notamment sur sa gestion de la crise agricole et des finances publiques. « Macron préfère les images aux débats », résume un observateur politique.
Un contexte politique tendu
Alors que la gauche dénonce une dérive autoritaire et que l’extrême droite capitalise sur la colère des territoires ruraux, le président tente de reprendre la main en affichant une proximité avec les Français. Mais dans un département où le Rassemblement national domine, cette visite pourrait se transformer en piège médiatique.