Un non trop tardif face à la stratégie de l'UE
Emmanuel Macron a annoncé jeudi son opposition à l'accord de libre-échange avec le Mercosur, mais cette décision arrive après que la Commission européenne ait modifié les règles du jeu. Selon Marine Colli, spécialiste des politiques publiques agricoles, la France a perdu sa capacité de veto en ne s'opposant pas à cette réforme des procédures de ratification.
Un accord mixte devenu un enjeu européen
L'accord Mercosur, qualifié d'accord mixte en raison de ses dimensions commerciales et politiques, nécessitait initialement l'unanimité des États membres. Cependant, la Commission a scindé le texte pour isoler le volet commercial, le soumettant désormais à une majorité qualifiée.
« La France a perdu la bataille en ne s'opposant pas à ce changement de règles. On a très peu entendu le président sur ce sujet. »
La minorité de blocage, un défi impossible
Seule l'Irlande, la Pologne, l'Autriche et la Hongrie rejoignent la France dans son opposition. L'Italie, initialement réticente, a finalement choisi de soutenir l'accord. Sans une minorité de blocage (au moins quatre pays représentant une partie significative de la population), le veto français est désormais symbolique.
Les agriculteurs maintiennent la pression
Malgré le non de Macron, les manifestations des agriculteurs se poursuivent, notamment à Paris. Le gouvernement Lecornu II, sous la pression des syndicats agricoles, tente de rassurer, mais la colère persiste face à un accord perçu comme une menace pour la souveraineté alimentaire.
Un vote parlementaire décisif
Même si l'accord est approuvé par les États membres, il devra encore passer devant le Parlement européen. Ce vote pourrait devenir le dernier rempart contre une ratification controversée, alors que les critiques s'intensifient sur les impacts environnementaux et économiques du texte.