Un « non » isolé et tardif
Alors que l'Union européenne doit se prononcer ce vendredi 9 janvier sur l'accord de libre-échange avec le Mercosur, Emmanuel Macron a annoncé jeudi que la France voterait contre. Une décision saluée par la gauche, mais jugée insuffisante et trop tardive pour répondre à la crise agricole.
Une opposition solitaire
La France se retrouvera en minorité, aux côtés de la Pologne et de l'Irlande, face à une majorité européenne favorable à l'accord. Léa Balage El Mariky, députée écologiste et sociale, estime que cette opposition tardive « ne sert qu'à sauver la face » du président. « Nous aurions pu construire une coalition majoritaire contre ce traité, mais le gouvernement a tergiversé », regrette-t-elle.
Des atermoiements critiqués
Les négociations du Mercosur, engagées il y a près de 29 ans, ont été marquées par l'inconstance de la France. En novembre 2025, Emmanuel Macron affirmait encore son soutien à l'accord lors d'une rencontre avec Lula, président du Brésil. « Cette incohérence fragilise notre position en Europe », souligne la députée.
La crise agricole, toujours ignorée
Si le rejet du Mercosur est une victoire symbolique pour les agriculteurs, la crise agricole persiste. La FNSEA et les oppositions dénoncent un gouvernement incapable de proposer des solutions concrètes.
« La parole politique est totalement décrédibilisée »,déplore Léa Balage El Mariky.
Un gouvernement en perte de vitesse
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de calmer les tensions, les motions de censure se multiplient. Le Rassemblement national a déposé deux motions, l'une à l'Assemblée nationale, l'autre contre la Commission européenne. « Ce non ne résoudra rien, ni en France ni en Europe », conclut la députée.