Nouvelle-Calédonie : l'État traîne des pieds sur les engagements financiers, les indépendantistes s'impatientent

Par Mathieu Robin 19/01/2026 à 11:24
Nouvelle-Calédonie : l'État traîne des pieds sur les engagements financiers, les indépendantistes s'impatientent

Nouvelle-Calédonie : l'État tarde à s'engager financièrement, les indépendantistes dénoncent un manque de transparence et des promesses floues.

Un accord toujours en suspens malgré les négociations

Les discussions entre l'État français et les formations politiques de Nouvelle-Calédonie n'ont pas abouti à un nouvel accord « Élysée-Oudinot » ce lundi 19 janvier. Lancées vendredi 16 janvier à l'Élysée, ces négociations devaient clarifier le projet signé le 12 juillet 2025 à Bougival, rejeté depuis par le Front de libération kanak et socialiste (FLNKS).

Des promesses floues et des attentes financières

Le président Emmanuel Macron avait pourtant affirmé vendredi que « Bougival est notre domaine de vol », mais les échanges du week-end, supervisés par le directeur de cabinet du chef de l'État, n'ont pas permis d'avancées concrètes sur les aspects institutionnels. L'accord temporaire, qui prévoit la création d'un État de la Nouvelle-Calédonie inscrit dans la Constitution française, reste vague sur les financements.

Les indépendantistes, déjà méfiants, dénoncent un manque de transparence. « L'État joue la montre sur les engagements financiers, alors que les Calédoniens attendent des garanties », déclare un membre du FLNKS sous couvert d'anonymat. Les non-indépendantistes, eux, craignent un déséquilibre des pouvoirs.

Un enjeu démocratique et financier

L'accord de Bougival, bien que rejeté par le FLNKS, reste la base des négociations. Il renvoie à une loi fondamentale de la Nouvelle-Calédonie et à une loi organique, à négocier, pour organiser les compétences du futur État. Mais sans garanties financières, le risque est grand de voir la crise s'enliser.

Du côté du gouvernement Lecornu II, on assure que « les discussions se poursuivent dans un esprit constructif ». Pourtant, les indépendantistes accusent Paris de « diluer les promesses dans des textes juridiques complexes », une tactique qui rappelle les critiques récurrentes contre la centralisation française.

Un contexte politique tendu

Cette négociation intervient dans un climat politique national déjà chargé, avec des tensions entre la majorité présidentielle et les forces indépendantistes locales. La gauche française, traditionnellement plus favorable au dialogue avec les territoires ultramarins, observe avec inquiétude les tergiversations de l'exécutif.

En parallèle, la question des finances publiques, déjà fragilisée par les crises successives, ajoute une pression supplémentaire. « Comment financer un État autonome sans creuser le déficit ? », s'interroge un économiste spécialiste des outre-mer. Une question qui pourrait bien devenir un enjeu majeur des prochaines élections.

À propos de l'auteur

Mathieu Robin

Cofondateur de politique-france.info, je vous présente l'actualité politique grâce à mon expertise sur les relations France-Europe.

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Commentaires (11)

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Tirésias

il y a 1 mois

Ah, encore une promesse qui va finir en eau de boudin. Moi, à leur place, je ferais comme en 1988 : je prendrais les choses en main. Bref, bon courage à eux...

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Orphée

il y a 1 mois

Le problème, c'est que l'État a peur de perdre son influence en Nouvelle-Calédonie. Du coup, il bloque. Mais à force de traîner, il risque de perdre bien plus : la confiance des Calédoniens.

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Résonance

il y a 1 mois

Ptdr, l'État en mode 'on verra après les élections' comme d'hab... Franchement, ça me gave !!!

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TrailBlazer

il y a 1 mois

Noooooon mais sérieux ??? Ils nous prennent pour des pigeons ou quoi ???!!!!

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Abraracourcix

il y a 1 mois

Oui, l'État joue avec le feu. Les indépendantistes ont raison de s'impatienter. Et si on leur accordait enfin ce qui leur est dû ?

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Jean-Marc C.

il y a 1 mois

Bon, encore un dossier qui va finir dans le tiroir des 'on verra plus tard'. Franchement, à part les promesses, y'a plus grand chose à attendre. Bref, la routine quoi...

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Anamnèse

il y a 1 mois

L'État traîne des pieds ? Non, il court vers le mur. Point.

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Eva13

il y a 1 mois

On dirait que l'histoire se répète... Comme en 1998 avec les accords de Nouméa, l'État promet mais tarde à concrétiser. Et si on regardait du côté des financements européens pour voir comment ils gèrent leurs engagements ?

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Douarnenez

il y a 1 mois

@eva13 Justement, la comparaison internationale montre que la France est en retard sur ses engagements outre-mer. Regardez le Canada avec le Québec, ils ont su négocier des transferts de compétences bien plus tôt. Pourquoi pas nous ?

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EyeToEye71

il y a 1 mois

Encore une fois, l'État joue la montre sur des engagements financiers pourtant essentiels. Comparé à d'autres territoires ultra-marins comme la Polynésie, la Nouvelle-Calédonie a droit à un traitement à deux vitesses. Franchement, c'est quoi ce manque de transparence ?

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Carnac

il y a 1 mois

@eyetoeye71 T'es sûr de ta comparaison avec la Polynésie ? Parce que là, t'as l'air de mélanger les dossiers. Et puis, tu as des sources sur ces promesses floues ?

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