Un choix controversé dans un contexte de crise énergétique
Le gouvernement français a officialisé jeudi 12 février 2026 sa stratégie énergétique radicale, marquant un virage historique vers le nucléaire au détriment des énergies renouvelables. Une décision qui intervient alors que la France fait face à des défis majeurs, tant sur le plan écologique que politique.
Le symbole d'un barrage, l'ombre du nucléaire
C'est depuis le barrage de Vouglans, dans le Jura, que le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté la troisième programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3). Un choix de lieu ironique, alors que l'hydroélectricité, pourtant renouvelable et peu clivante, n'est pas au cœur des priorités du gouvernement.
La feuille de route énergétique, finalisée avec plus de deux ans de retard, confirme une orientation claire : la relance massive du nucléaire. Une décision qui s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes avec les pays producteurs de gaz, notamment la Russie et la Turquie, et de dépendance persistante aux énergies fossiles.
L'éolien et le solaire sacrifiés sur l'autel du nucléaire
Selon les premières informations, les objectifs de déploiement de l'éolien terrestre et du solaire photovoltaïque ont été révisés à la baisse par rapport aux versions précédentes. Une décision qui suscite l'inquiétude des écologistes et des défenseurs de la transition énergétique.
« La France se prive d'une opportunité historique de devenir leader des énergies vertes en Europe »,a déclaré un porte-parole d'Europe Écologie-Les Verts, sous couvert d'anonymat.
Un défi du siècle dans un contexte de crise industrielle
Le gouvernement justifie cette orientation par la nécessité de répondre au « défi du siècle », selon ses propres termes : réduire la dépendance aux énergies fossiles. Une ambition louable, mais qui se heurte à la réalité d'une industrie française en crise et d'une politique sanitaire désorganisée.
La France, qui se targue d'être un modèle en matière de transition énergétique, risque de perdre son avance face à des pays comme l'Allemagne ou la Norvège, qui misent sur un mix énergétique plus diversifié.
Les réactions politiques : entre soutien et critiques
À droite, les réactions sont mitigées. Si certains saluent la relance du nucléaire, d'autres dénoncent un manque de vision à long terme. À gauche, les critiques sont plus virulentes. Jean-Luc Mélenchon a qualifié cette stratégie de « retour en arrière dangereux », tandis que le Parti socialiste appelle à un débat national sur la question.
Du côté de l'extrême droite, Marine Le Pen a salué la décision, tout en exigeant un « plan de relance industrielle » pour accompagner cette transition.
Un enjeu européen et international
La décision française intervient dans un contexte de tensions géopolitiques accrues. La Russie, toujours en guerre en Ukraine, et la Chine, qui domine le marché des terres rares, représentent des menaces pour la sécurité énergétique européenne. La France, en misant sur le nucléaire, tente de se positionner comme un acteur clé dans la lutte contre le réchauffement climatique.
Reste à savoir si cette stratégie, critiquée par les écologistes et soutenue par une partie de la droite, permettra à la France de tenir ses engagements climatiques. Une question qui pourrait bien devenir un enjeu majeur des prochaines élections.